Articles Tagués ‘présidentielles’


Vous trouverez en lien un article très intéressant expliquant les valeurs rattachées à ce que l’on appelle le « sarkozysme ».

L’auteur de cet article, Eddy Fougier qui est politologue, nous livre une analyse de cette droite dite « décomplexée » qui est la résultante d’une forte évolution des partis de droite en France et en Europe depuis les années 80 surtout.

Il s’interroge sur la pérennité de cette forme de droite et sur son avenir.

http://www.telos-eu.com/fr/article/qu-est-ce-que-le-sarkozysme


« Il ne peut y avoir de totalité de la communication,  Or la communication serait la vérité si elle était totale. »

 Cette citation de  Paul Ricoeur exprime bien ce rapport complexe entre la communication et l’exigence de vérité prônée par les sociétés.

La communication a pris une ampleur certaine dans l’ensemble des démocraties modernes,  les stratégies de communication ont ainsi intégré progressivement le monde de l’entreprise, les médias et enfin le pouvoir politique. Ce dernier a d’ailleurs entrepris une forte modernisation de ses stratégies de communication, si bien qu’aujourd’hui, tous les partis politiques mettent en œuvre d’importants budgets en la matière.

Malgré tout les bons sentiments que l’on peut donner a tout et un chacun, le champ politique est, par essence, fait de  paraitre et de  rhétorique, sous discipline donc,   tant les sciences dures et la philosophie sont fondés sur la notion de vérité et de raison.  Une critique des hommes doués pour discourir pas si neuve: déjà dans la Grèce antique,  les sophistes étaient critiqués par Platon. Il voyait en eux des développeurs de raisonnement dont le but est uniquement l’efficacité persuasive et non la vérité.

Cette stratégie communicative, repose donc sur la prise en considération et l’influence des sentiments des foules, de l’audimat, des statistiques et des effets de modes.  Cette stratégie passe ainsi par la prise en compte des valeurs de notre société: en ce sens, un parti jugé dépassé serait immédiatement évincé du processus décisionnel.

Pour être en adéquation avec son époque,  chaque personnalité politisée doit suivre les changements de la société, elle doit  «  vivre avec son temps ».  Notre société, bourrée de différences, en termes de sexe, d’âge, de couleurs de peau, d’idéologies,  de sexualités et de religions s’est en quelque sorte complexifiée. La communication aussi, le décideur doit aujourd’hui «  rassembler » et représenter chaque individu souhaitant  se voir représenter dans le miroir des sphères du pouvoir.

Autrefois positionné sur une opposition Patronat – Travailleurs,  le débat Français, depuis la fin des années 80 et la célèbre  « fin de l’histoire » décrite par Fukuyama, a écarté le prisme de la lutte des classes par la pacification des rapports sociaux.

Auparavant tourné vers de forts marqueurs idéologiques, le débat s’est majoritairement transformé en une lutte des différences.  Cause presque légitime, si l’on entend la volonté des personnes à bénéficier du noble principe égalitaire fondant notre république,  et à ne pas se retrouver en situation d’exclusion.

Une stratégie pour lutter,  en adéquation avec son temps, tant le syndicalisme de type ouvrier ne semble pas pouvoir s’immiscer dans  les réalités du monde du travail.

Mais une  stratégie  pas si inutile pour le pouvoir.  Parler des individus selon leurs différences, (couleur de peau, sexualité,) mais jamais en tant qu’individus économiques soumis à des fonctions classiques de salariés et de  consommateurs, peut paraitre être une stratégie du moindre cout. Soit : diviser un groupe d’individus selon ses différences, tout en oubliant les fonctions sociales de ses membres.

Une stratégie qu’a très bien compris notre monde moderne, politiciens,  entreprises, médias,  et pouvoir politique – en tète, prônent la logique de l’apparence par l’icône.

Ces idoles  de la diversité  comme de la parité, cachent la misère sociale, soit globalement :  Harry Roselmack pour  TF1, Laurence Parisot au  Medef et autres chartes pour la diversité…

Une logique d’apparence donc,  modernisant l’image du patronat et du pouvoir politique, pour mieux faire passer l’augmentation du cout de la vie, sujet moins vendeur, ou bien encore la question des salaires non étalonnés sur l’inflation pourtant croissante.

Pas de luttes sociales sérieuses car impossibles, du fait de l’individualisme des acteurs, précarisation accrue des travailleurs par le développement des Cdd et des contrats intérim. Ne pénalisant pas  les catégories sociales aisées pourtant vivement représentées dans les médias et le monde politique, mais en majorité, ouvriers, agriculteurs et personnes des quartiers défavorisés. Crise allant en s’aggravant, que les classes moyennes Françaises seront les premières à subir.

En résumé une logique de promotion des différences dans le processus décisionnel qui consiste à identifier les Français selon leurs origines et leur sexe.  Or,  la logique redistributive sérieuse, Ce  qu’on pourrait appeler naïvement,  « être de Gauche » voudrait plutôt qu’on les juge selon leur statut social,  et promeuvent leur intégration au système décisionnel sans les distinguer selon leur sexe ou leur lieu de résidence.

Cette logique de paupérisation touche en premier lieu les territoires péri et extra urbains ; le monde rural constitué de  paysans que la politique agricole commune ne suffit plus à faire vivre, et les habitants de banlieues que le reflet des médias et la délinquance ne font  qu’enfoncer.

Ainsi, si les nouveaux français de banlieues sont en partie, des « noirs » et des « arabes »,  ( termes impropres et presque vulgaires devant les multiples trajectoires culturelles de chacun), ils sont avant tout un peuple déclassé , sous-équipé en capital social ,  soit comme le disait Marx des  « sous prolétaires ».

Cette population résidant dans les quartiers populaires, autrefois protégée par le syndicalisme ouvrier et la conscience de classe. Aujourd’hui promue ou décriée par l’exaltation des différences.

Ces stratégies de communication battent d’ailleurs leurs plein en ces périodes  pré-électorales.  Les candidats à la  présidentielle,  évoluants dans une ambiance complexe de crise économique aggravée, sont avides de sujets permettant d’occuper l’espace de discussion,  mais jamais ceux  évoquants l’économie sérieuse.

Candidats qui  auront cette fois, beaucoup  de mal a éviter l’épineux  sujet  des solutions permettant la solvabilité des états.  Un enjeu compliqué, et très sérieux, tant  notre système monétaire contemporain semble complexe et structurellement épuisé.

En effet depuis que la quantité d’argent n’est plus garantie par la présence physique des éléments (autrefois  l’or), permettant aujourd’hui à un organisme financier par la logique du célèbre «  ce sont les crédits qui font les dépôts » de créer informatiquement l’argent  de plus de 30 fois  ses réserves réelles en monnaie.

Une fuite en avant de la création monétaire  dont les états ne sont pas insensibles,  en effet, le premier poste de dépenses de l’état est aujourd’hui la charge de la dette, devant l’éducation nationale.   Non pas la dette elle  même qui pourrait représenter  légitimement l’ensemble des dépenses d’investissements réalisées années après années par l’état,  mais bien  l’ensemble des intérêts  versés aux différentes banques et organismes de prêt.

L’emprunt public soumis à  intérêt, annulant de fait la notion de crédit public à des taux très proche de zéro, (solution  pourtant préconisée par le peu révolutionnaire Michel Rocard dans un article du Journal Le Monde ).

Le droit a un état d’avoir le pouvoir régalien de création monétaire. Reforme qui donnerai le moyen concret de ne plus verser les 60 milliards annuels de la poche des contribuables directement dans les profits colossaux des principaux organismes détenteurs de notre dette.

Un enjeu majeur donc, qui ne doit pas se retrouver noyé dans la rhétorique politicienne.

Question sérieuse, que les partis, œuvrant au débat présidentiel auront, espérons le,  l’honnêteté de se saisir.

Simon Berliere


57% des français défavorables à une  « TVA sociale » selon un sondage OpinionWay-Fiducial : la hausse de la TVA de 19.6% à 21.2% annoncée par Nicolas Sarkozy dimanche soir ne fait pas l’unanimité.

Faire baisser le coût du travail en le reportant sur les consommateurs, dans le but d’améliorer la compétitivité des entreprises nationales : telles sont les motivations du Président de la République.

Amoindrir le poids des cotisations sociales pour les entreprises inciterait à une hausse de salaires.L’attractivité des entreprises nationales favoriserait ainsi un recul du chômage, tout en assurant une baisse des coûts de production et une augmentation de la rentabilité de ces dernières. Un véritable cercle vertueux.

Cependant, le report d’une part des charges patronales sur la TVA laisse sceptiques certains analystes. En effet, augmenter la TVA de plus d’un point et demi limiterait le pouvoir d’achat des consommateurs les moins aisés. Elle se répercuterait également sur les prix et favoriserait l’inflation.

L’idée d’une « TVA sociale » et l’appellation même de cette hausse méritent donc d’être débattus et interrogés, dans un contexte de globalisation où le financement de l’Etat-Providence est de plus en plus remis en cause. Mais l’annonce de cette hausse de la TVA par Nicolas Sarkozy dimanche soir semble ne pas laisser place au débat.

N’ayant pas encore confirmé sa candidature aux Présidentielles qui se dérouleront dans douze semaines, Nicolas Sarkozy a voulu faire preuve de courage à la fin de son premier (et peut-être dernier) quinquennat en annonçant une série de réformes, pas des plus anodines.

Pour un grand nombre de commentateurs, l’audace affichée par le Nicolas Sarkozy dimanche est révélatrice de sa difficulté à passer du statut de Président au statut de Candidat. Il a souhaité montrer au public qu’il est un président actif, toujours force de proposition, engagé et plus expérimenté que les autres candidats pour répondre à la crise. Sa stratégie se révèle extrêmement intéressante mais porte ses limites. Elle touche en effet à un point sensible de l’économie française : la fiscalité.

Nicolas Sarkozy s’était donc lancé un pari périlleux, qui semble n’avoir réussi que partiellement : le débat sur la compétitivité des entreprises françaises et la TVA est lancé, mais il entache la popularité du Président qui était déjà au plus bas : 68% des sondés de l’Ifop se disent aujourd’hui mécontents de Nicolas Sarkozy.

A la veille des présidentielles, gardons-nous tout de même de faire des conclusions trop hâtives : le destin des candidats ne se lit pas dans les sondages.

Bakkar-Leturcq Fadila


Tous les journaux en  parlent : Eric Cantona, l’ancien footballeur, cherche les 500 signatures d’élus nécessaires depuis 1976 pour la candidature à l’échéance présidentielle.

Parrain de la Fondation Abbé Pierre, il ne cache pas le but de ce coup de poing médiatique ; faire peser sur les débats la cause du mal-logement.

Avec sa forte personnalité et ses réussites sportives, cet homme n’a plus rien à prouver. Par son engagement, il dépasse le cadre de ses propres intérêts.

Il n’est pas sans rappeler, Michel Colucci, mieux connu sous le pseudonyme de Coluche qui également partit en quête des 500 parrainages en 1981 par provocation de la classe politique mais aussi pour interpeller l’opinion publique. L’affiche ci-dessous démontre bien son style, cinglant.

 

Cette période de bouillonnement intellectuel fait émerger des individus hors des partis politiques profitant de leur popularité pour mettre en lumière des enjeux, selon eux, mis de côté. A son époque les sondages annonçaient environ 15% d’intention de vote pour Coluche, qu’en sera-t-il pour le « King Eric » ?

Fabienne Abouaf