Articles Tagués ‘président’


Jean-Luc Mélenchon appelle à manifester pour « un grand balayage » de la classe politique et le début d’une transition vers une VIème République, le 5 mai prochain.

261781_219950038041755_4953813_n
Depuis des années, une partie du milieu politique milite pour la transition vers une VIème République où le rôle de Premier Ministre serait supprimé et dans laquelle le Président de la République n’aurait plus droit de dissolution de l’Assemblée nationale.

Image

Ses partisans sont – pour quelques-uns – réunis sous la Convention pour la 6ème République (C6R), mise en place en 2001 à l’initiative d’Arnaud Montebourg. Au-delà de ce groupe de réflexion, on trouve surtout des acteurs politiques « charismatiques » : François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon avaient inscrit ce projet de transition constitutionnelle dans leur programme, Dominique Strauss-Kahn l’avait longuement décrit dans La Flamme et la Cendre (Grasset) en 2002, et même Marine le Pen a qualifié l’an dernier, sur le plateau de Des Paroles et des Actes, d’ « absolument nécessaire » la réforme de la Constitution pour une VIème République. On pourrait encore en citer d’autres : ce sont toutes les strates de la classe politique française qui revendiquent – à leur manière – ce projet de réforme constitutionnelle.

Pourtant, au vu du contexte tant structurel que conjoncturel auquel la République est actuellement confrontée, cette idée fait plutôt lieu de non-sens.

Critique en cinq idées du projet d’une VIème République.

1. La France doit garder sa spécificité
L’hypothèse d’un régime présidentiel, avec une présidence forte et un gouvernement au-dessus des canons du Parlement, colle mal avec la tradition républicaine française, dans laquelle la représentation populaire locale demeure un fondement institutionnel.
Quant à un régime parlementaire… En temps de crise, un gouvernement doit être solidement ancré mais en même temps efficace et légitime. Or, la plupart de ces régimes parlementaires européens (au sein desquels le gouvernement est une émanation du Parlement) ont démontré leurs limites structurelles ces dernières années : Italie, Espagne, Grèce, Portugal, quel gouvernement a tenu pendant la crise ? Où sont passés Berlusconi, Zapatero ou encore Gordon Brown ?
Le fait que François Fillon soit resté cinq ans le Premier ministre de Nicolas Sarkozy est peut-être un paradoxe, mais pas le fruit du hasard. La France a beau être un régime semi-parlementaire, son ADN présidentiel lui confère une vision de la mandature sur le temps d’un quinquennat, gage de stabilité et de temps utile.
La spécificité française d’un régime semi-parlementaire en ressort, sur ces points, confortée.

3278892-l-allemagne-un-modele-pour-la-france
2. Sur cet aspect, l’Allemagne est un modèle incompatible
Les plus sceptiques diront : « Angela Merkel a bien tenu en Allemagne ! ». Et ce ne serait pas faux de le dire.
Seulement voilà, l’Allemagne est un modèle pour bien des choses, mais pas sur ce registre. Elle n’est pas la France, ni par son histoire et sa tradition démocratique, ni par son organisation structurelle à travers son statut de régime fédéral.
À moins de faire appliquer dans un délai rapide un plan de décentralisation vigoureux et étendu à la dimension électorale, en donnant des pouvoirs décuplés aux Conseils régionaux, il n’y a aucune manière d’envisager de reproduire le modèle de la chancellerie allemande au sein duquel les Länder sont assimilés à des États fédérés.

3. Les menaces du populisme et de la montée des extrêmes
Le rapport politique change dans le cadre d’un régime parlementaire : c’est le Parlement qui dirige le pays.
En confiant aux parlementaires la quasi-totalité des commandes de l’appareil républicain, on lui donne aussi le moyen d’affirmer ou destituer un gouvernement en place au prétexte qu’il est inefficace ou mal jugé.
Que dire aussi des électeurs, qui seraient si proches de la représentativité locale qu’ils pourraient – en cas de proportionnelle et dans la tendance actuelle des choses – faire accéder près d’une centaine de députés FN au Palais Bourbon ? La France s’exposerait alors à la menace d’une révolution nationale conservatrice : elle serait belle la VIème République !

4. Le rôle-tampon nécessaire du Premier Ministre
Messmer, Mauroy, Chirac, Rocard, Edith Cresson, Beregovoy, Raffarin, Villepin, Ayrault… À l’exception de François Fillon confronté en son temps au syndrome de « l’hyperprésidence élyséenne », lequel de ces pensionnaires de Matignon n’a pas vu sa côte de popularité fléchir vertigineusement, au point d’avoir parfois vu venir une certaine forme de « chasse à l’homme » s’engager à son encontre ?
La Vème République française fonctionne selon la formule de François Mitterrand : « À l’Élysée le temps long, à Matignon le temps court ». Dans ce système, le Premier Ministre fait clairement figure de rempart contre l’opinion, et crée ainsi une véritable digue entre l’action gouvernementale pilotée par le Président de la République et les esclandres des partenaires sociaux et de la population.
On peut considérer ce rôle ingrat, mais on ne peut pas dire qu’il n’est pas utile surtout à une époque où la communication joue un rôle-clé dans la détermination de l’opinion que se fait l’électorat du gouvernement en place. Mitterrand comme Chirac – qui cumulent tout de même à eux deux plus de 25 ans de location à l’Élysée – ont chacun utilisé pour leurs deux mandats plusieurs Premier Ministre afin de « redonner du souffle » à leur action. Ce souffle, c’est en réalité le meilleur cadeau à une opinion défaitiste, qui ne remette pas en cause l’essence même de l’action gouvernementale.

5. Un éclatement de la classe politique qui ne permet pas aujourd’hui d’envisager sereinement l’issue du vote des parlementaires réunis en Congrès
Enfin, on peut rappeler que pour modifier la Constitution, le Président doit réunir le Parlement (Assemblée nationale + Sénat) en Congrès à Versailles, et faire adopter sa réforme par la majorité des 3/5ème des suffrages exprimés.
Il est bon de rappeler que si l’idée d’une VIème République enchante une part importante de la classe politique, elle se confond néanmoins en plusieurs déclinaisons de concepts qui ne se rejoignent pas tous au final.
Ainsi, dans le contexte actuel du paysage politique français qui se scinde entre de trop nombreux partis et de trop nombreuses positions sur des principes économiques ou sociétaux simples, le projet ne semble de toute façon pas envisageable à court ou moyen terme.

* * *


En somme, la Vème République offre aujourd’hui – malgré ses rouages parfois complexes – le gage d’une stabilité et d’une pérennité de l’action gouvernementale, qui jouit ainsi de la possibilité de proposer de nombreuses inflexions sur une mandature et donc une stratégie élaborée sur le temps d’un quinquennat.
Le projet d’une VIème République, tant qu’il n’inclura pas cette garantie d’une sérénité de manœuvre, semble inéluctablement devoir être renvoyé à son impertinence.

Publicités

L’EHED Tv, web Tv des étudiants de l’EHED fraîchement lançée, a reçu Roger KAROUTCHI (sénateur UMP et ancien ministre) et Guillaume BALAS (Président du groupe PS au Conseil régional IDF) lors des dernières législatives. 

Invités :

Roger KAROUTCHI (sénateur UMP, ancien Ministre)

Guillaume BALAS (Président du groupe PS au Conseil Régional IDF)

Animation :

Donia EDEN (Canal+)

Bertran FARENC (Rencfa Prod)

Préparatifs émission : Simon BERLIÈRE
Intervenants : Bryan AKPABIO, Raphaël DOR
Régie : Yann MISAINE
Maquillage : Pauline ALLANIC
Logo : Thibault CSUKONYI
Montage + insertions : Benjamin VANOVERTVELD



L’association des étudiants de l’Ecole des Hautes Etudes de la Décision, EHED Events en collaboration avec Rencfa Prod, organisait le 25 avril 2012 le débat de l’entre deux tours qui réunissait Benjamin Lancar (Président des Jeunes UMP) et Rémi Féraud (Maire PS du 10ème arrondissement).

Riche et animé, passionné et passionnant, ce débat animé par Bertran Farenc (Rencfa Prod) a réuni plus d’une centaine de participants du Groupe IGS (étudiants et encadrants pédagogiques) et extérieurs.

Bravo à l’EHED Events pour cette belle initiative! 

Retrouvez les grands moments du débat sur Twitter avec le Hashtag #PresidentielleEHED




SUIVEZ LE DÉBAT EN DIRECT SUR TWITTER

AVEC LE HASHTAG #presidentielleEHED

DébatEHEDEvents

 


Nicolas

« Nicolas Le Pen », voici le titre d’un éditorial paru le 14 mars 2012 dans le Wall Street journal. Ce journal spécialisé dans la finance appartenant à l’ultra-conservateur Australien Rupert Murdoch le magnat des médias (donc résolument pas à gauche), s’inquiète de la tournure de la campagne présidentielle française, notamment des propositions du Président candidat Nicolas Sarkozy.

Ce qui inquiète le Wall Street Journal est la proposition du Président candidat de sortir de façon unilatérale des accords de Schengen, si les négociations (déjà entamées) sur cette convention ne vont pas dans l’intérêt de la France.

Certes, cette convention vieille de plus de 10 ans qui permet notamment la libre circulation des biens, personnes et services dans les pays membres de l’UE doit être renégociée, repensée. Nous en avons vu les limites lors du Printemps Arabe, quand le gouvernement de Silvio Berlusconi prit de vitesse par l’afflux de migrants tunisiens sur ses côtes, décida (sans se concerter avec ses voisins européens) de leur délivrer des titres de séjour provisoires afin qu’ils puissent rejoindre plus facilement des pays comme la France ou l’Angleterre et quitter, par la même occasion, le territoire Italien. Mais le fait qu’un Président en exercice, même candidat, évoque la possibilité que la deuxième puissance économique d’Europe puisse se désengager d’un des accords qui font l’Union européenne fait désordre à un moment où l’Union européenne n’a jamais eu autant besoin de solidarité. Donner la responsabilité à l’Union européenne des maux de la France est bien trop facile.

N’est-ce pas ce même candidat qui nous disait très récemment que la France a besoin de l’Union européenne, que sans l’Union européenne il n’y aurait pas de croissance, que seule l’Union européenne pouvait nous protéger de la concurrence économique des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et que l’Angleterre en faisant cavalier seul joué avec l’avenir de tous les Européens ?

Durant des mois Monsieur Sarkozy et Madame Merkel, n’ont eu cesse de rappeler leur désir d’une plus grande convergence des politiques économiques, fiscales et sociales des différents pays membres de l’UE justement.

Que pense Madame Merkel de la proposition de son « meilleur » allié européen ? Interrogée sur ce point par des députés de sa majoritée elle a répondu que cette proposition était « une thèse de campagne », en clair que cela ne sera jamais appliquée.

Le désir de Monsieur SARKOZY avec cette proposition est de reproduire la stratégie qui lui avait permis en 2007 d’accéder à la présidence de la République française en captant les voix des électeurs qui votent traditionnellement pour l’extrême droite. Puisque pour l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy monsieur Buisson (ancien rédacteur en chef de Minute, un quotidien d’extrême droite), cela représente une excellente nouvelle, puisque ce titre du Wall Street journal envoie un message clair aux électeurs du Front National : « Pourquoi voter pour Marine LE PEN ? Vous avez déjà un candidat au pouvoir, qui a plus de chance d’être réélu président, et surtout qui défend vos idées ».

L’extrême « droitisation » de notre Président – Candidat inquiète également un autre célèbre quotidien financier, cette fois-ci d’outre-manche, le très libéral Financial times. Ce quotidien regrette que Nicolas Sarkozy reprenne les arguments de l’extrême droite stigmatisant les immigrés, leur reprochant de creuser le déficit de l’Etat et de tirer les salaires vers le bas. Déjà en 2007, Nicolas Sarkozy avait fait de l’immigration un axe de campagne durant l’élection présidentielle.

Les objectifs : « Lutter sans merci contre les clandestins, et limiter les regroupements familiaux pour privilégier le recrutement de migrants qualifiés ».

A côté de cette fermeté, le candidat prônait de mieux intégrer les populations immigrées.

Cinq ans plus tard, la répression et la stigmatisation l’ont emporté sur l’intégration, la multiplication des lois a permis d’expulser plus facilement et plus massivement les sans-papiers et de limiter l’immigration économique, de travail.

Le quotidien anglais rappelle que la France, tout comme les autres pays de l’OCDE, aura besoin dans les prochaines années d’un flux important d’immigration pour répondre à la demande sur le  marché du travail et de souligner que l’impact des migrants sur le taux de l’emploi est relativement faible en France. En 2010, Gregory Verdugov et Javier Ortega estimaient, que la hausse de 10 % de l’immigration en France de 1962 à 1999 avait augmenté les revenus des Français de 3 %, en permettant aux Français de grimper dans l’échelle des professions.

La « Droite Populaire », courant politique au sein de l’UMP qui a pour principale motivation de reprendre certaines idées du Front National, nous explique à travers la voix de son « VRP de luxe » monsieur Claude GUEANT (ministre de l’intérieur), que l’immigration pèse sur les comptes publics de l’Etat. Est-ce vrai ?

Une équipe de l’Université de Lille travaillant pour le chercheur Xavier Chonjicki, réalisé en 2009 une étude pour le compte du ministère des Affaires sociales sur les coûts et bénéfices de l’immigration pour l’économie nationale. En travaillant sur des chiffres officiels, attestés par l’Etat, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort que les immigrés sont des contributeurs nets : ils reçoivent annuellement de l’Etat 48 milliards d’euros de prestations, mais par ailleurs versent 60 milliards de cotisations et impôts. Car s’ils bénéficient de transferts importants pendant leurs jeunes années (aides sociales et familiales, chômage…), ils sont sous-représentés parmi les retraités, contrairement aux idées reçues ils se font moins soigner et ont une espérance de vie moindre : ils « profitent » donc moins des prestations santé et retraite, qui représentent 80% des dépenses sociales.

Certes, la France n’a pas la vocation « d’accueillir toute la misère du monde », mais les citoyens français méritent un débat présidentiel de qualité ainsi que de meilleures propositions électorales, ce ne sont pas une loi sur l’immigration, ni sur la viande Halal, ni une super-taxe sur les plus riches qui permettront à la France de renouer avec une croissance durable. La France a été pionnière dans la construction européenne, qu’elle le soit également dans l’élaboration d’un pacte de compétitivité Européen. Seule l’Europe permettra à la France, l’Espagne, la Grèce, l’Italie… de sortir de la crise économique et financière que nous traversons actuellement. La politique du repli sur soi a toujours eu de grandes conséquences sur le continent européen et a entraîné le monde dans deux guerres mondiales.

Le 21 avril 2012, allez voter et faites le bon choix !!

Mfumu KANZA


Tous les journaux en  parlent : Eric Cantona, l’ancien footballeur, cherche les 500 signatures d’élus nécessaires depuis 1976 pour la candidature à l’échéance présidentielle.

Parrain de la Fondation Abbé Pierre, il ne cache pas le but de ce coup de poing médiatique ; faire peser sur les débats la cause du mal-logement.

Avec sa forte personnalité et ses réussites sportives, cet homme n’a plus rien à prouver. Par son engagement, il dépasse le cadre de ses propres intérêts.

Il n’est pas sans rappeler, Michel Colucci, mieux connu sous le pseudonyme de Coluche qui également partit en quête des 500 parrainages en 1981 par provocation de la classe politique mais aussi pour interpeller l’opinion publique. L’affiche ci-dessous démontre bien son style, cinglant.

 

Cette période de bouillonnement intellectuel fait émerger des individus hors des partis politiques profitant de leur popularité pour mettre en lumière des enjeux, selon eux, mis de côté. A son époque les sondages annonçaient environ 15% d’intention de vote pour Coluche, qu’en sera-t-il pour le « King Eric » ?

Fabienne Abouaf