Archives de la catégorie ‘Esprits décalés’


« La corrida, ni un art, ni une culture ; mais la torture d’une victime désignée » disait Émile Zola.
Pourtant cet été encore, la corrida a attiré de nombreux aficionados,
Mais que viennent donc chercher ces passionnés dans les arènes du sud de la France ?

Déjà Hemingway, les peintres Goya et Manet s’étaient passionnés de ce spectacle Tauromachique qu’on appelle «  Corrida »

« La corrida » Manet

Gravure de Goya

Ce spectacle suscite en effet  une certaine controverse selon les personnes, certains y voit l’expression d’une tradition, d’autres y voit un spectacle cruel ou une pratique inhumaine

Il est pourtant intéressant de voir la corrida au contraire comme une pratique profondément à l’image de l’homme, et c’est d’ailleurs en ce sens qu’elle est bouleversante, la corrida peut être vue sous certains aspects comme une métaphore de la vie. Elle est faite de sacre et de chute, de combat et de renoncements par le travail.

La corrida est cruelle, sans doute, mais l’Homme ne l’est il pas?   La corrida est une figure extrapolée de la vie, faite de douleurs et de joie, de triomphes et d’échec.

Mais si la corrida est intellectuellement passionnante c’est bien parce qu’elle reprend  de nombreuses oppositions traditionnelles de la philosophie. Un rapprochement entre le monde des idées et la tauromachie évident qui pousse certains aficionados  à se rendre aux Arènes un livre à la main.

La corrida est tout d’abord le règne du paradoxe,  ce paradoxe réside dans le fait qu’elle consiste  à donner la mort en acceptant de s’y exposer soi-même, ce qui est au fond une attitude purement déroutante:comment un homme peut il désirer approcher la mort de cette façon ?

Une autre idée réside dans l’opposition nature – culture qu’évoque la corrida, la culture étant vu comme la tâche de l’homme dans son insoumission à une nature brute, la mise en avant de son  libre arbitre à dresser et dominer son environnement  se ressent aisément sur le sable des arènes.

La corrida exprime donc clairement la liberté de l’homme à dominer la nature, une nature prédatrice, un rapport entre l’homme et la nature fait de rapports complexes entre un désir de domination et un certain respect de cette nature.

La corrida s’articule clairement sur cette ambivalence, puisqu’ elle  est dominée par deux notions importantes, l’éthique et  l’esthétique.

L’esthétique pour la beauté du geste, le taureau et le torero représentant les objets de cet « art » mais aussi l’éthique, puisque la corrida est évidement le théâtre d’un nombre incalculable de règles, de modes de fonctionnement comportementaux et de consignes à respecter, notamment dans les coups portés au taureau qui doivent être ritualisés, sous peine de subir la bronca.

Mais une chose frappe directement quand on observe la corrida,  elle représente un certain triomphe du génie humain, de la raison sur l’animalité. La corrida est ainsi le royaume de l’intelligence, de la technique  face à la  puissance.

Qu’observe-t-on dans une arène ? Au fond,  Un petit homme habillé en  clown affrontant une bête hostile de  500 Kg au seul moyen d’une épée.

La corrida est donc le royaume du combat, combat durant lequel la ruse et la technique, dominent intégralement la force.
Si la corrida est le triomphe de la raison humaine sur l’animalité, il semble que la nature reprenne parfois ses droits :

C’est le cas du 7 octobre 2011 lorsque Juan José Padilla, rate sa 4 éme pose de banderille « al violin » ( sa spécialité) et subit une terrible « cornada » au visage,

La cornada de Padilla en vidéo  ci dessous, ( attention  vidéo violente , âmes sensible s’abstenir )

Le torero y laissera un œil mais pas sa fierté,  il décidera alors de ne pas renoncer à sa passion, il déclarera après son accident :

« Je ne veux pas que les fans me plaignent. Je ne veux pas inspirer de la pitié aux gens. Je me battrai à nouveau habillé en torero, parce que c’est mon rêve. »
Comme une victoire sur la vie, sur son handicap, Padilla affrontera d’autres taureaux dans son habit de lumière.

La encore la corrida évoque de nombreuses choses,  toute la mythologie de l’icône, dans l’arène comme Spartacus, le torero est  l’idole, le héros des aficionados.

Une autre question soulevée par la corrida est celle de savoir pourquoi des hommes éprouvent ce besoin, cet appétit du risque ? Que  pousse ces Toreros à toucher du doigt la mort ?  Que pousse donc Pablo Hermozo de Mendoza  a toucher  du bout du doigt le taureau lors de « ses corridas de rejon ». 

En effet, la corrida pose donc de nombreuses questions sur la vie. Comment articuler notre rapport entre l’émotion et la raison ? Si l’agora ou le forum doivent être le lieu privilégié du débat,  la corrida est une peinture incroyable de ces questions humaines.

L’émotion pousserait peut être à la voir  comme une tuerie, la philosophie voudrait pourtant que l’on se place plutôt à étudier  un fait du coté de la raison plutôt que de la passion.

Malgré tout, la prise en compte de la notion éthique pousse certaines associations à prendre en considération la souffrance de l’animal, c’est le cas de « sauvonsunteaureaudecorrida » dont l’icône « fadjen »,  le taureau miraculé tapisse les affiches des stands tel un canapé IKEA :

Un certain mérite néanmoins à ces associations qui luttent contre cet objet culturel et œuvrent à défendre leur vision du monde,  si tant est qu’ elles ne tombent pas dans le piège d’un utilitarisme primaire sur la souffrance animale.

Leur seule présence prouve bien à quel point la corrida questionne le rapport de l’homme à sa propre violence et  au règne animal.

Au fond,  la corrida choque de nombreux esprits peut être autant qu’elle en passionne,  L’impression intéressante qui peut en ressortir est cette ritualisation très intéressante de la violence,  la ou partout elle éclate dans le désordre et la laideur et dans une pure abstraction du sens. ( Amiens, Syrie, Grèce … )

Un courage des toreros qui force le respect, si la corrida est violente, Elle représente au fond certaines valeurs saines de sacrifice, d’engagement par le combat. De renoncement par le   travail.   Le travail ( La faena ici ) justement, car être torero est l’apprentissage d’une vie, un choix sacrificiel, celui d’affronter la mort.    (On dénombre dans l’histoire de la corrida 57 décès de matadors , de 184 novilleros, 73 picadors, 3 puntilleros et 8 rejoneadores.)

Au fond , La progressive non acceptation de la corrida est une histoire d’époque, Si la corrida est victime de critique virulente, c’est que nous vivons intégralement dans une société ou la chaine de consommation animale est cachée dans les abattoirs industriels, qui tend à faire oublier à la conscience collective, que pour manger de la viande, un animal doit mourir, et donc souffrir .   Si la corrida blesse et choque, ce n’est pas que nous n’aimons  pas la souffrance animale, mais simplement que ne nous voulions plus la voir et l’accepter. *

A l’heure où les debats ethiques passionnent les foules, et les colloques, y survivra-t-elle? C’est une question sur laquelle devra se prononcer le conseil constitutionnel à la mi septembre 2012, en  cas d’inconstitutionnalité de la pratique tauromachique, l’abolition totale pourrait intervenir dès l’année suivante.


*On ne ressort d’ailleurs jamais indemne de sa première corrida. Et jamais vraiment sobre,
Pour les aficionados adeptes de bières et de corridas.  Nous rappelons qu’il est vivement conseillé de rentrer en plaquage poubelle, moyen sur et écologique de retrouver son logis.

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2007 : Amel Bent, de son vrai nom Amel Bachir, annonce la sortie de son album « A 20 ans » par l’interprétation de son single phare « Nouveau français ».

Si elle ne parlait pas de la langue française mais bien de l’identité nationale, force est de constater qu’aujourd’hui la langue de Molière a subi quelques profondes modifications. Les « wesh », « t’as vu », mots en verlan et autres néologismes rythment les « lyrics » de la jeunesse française émanant de tous les horizons. Dans ce marasme de créativité, Béatrice Giblin se propose de nous aider à comprendre les mécanismes qui ont abouti à l’institution d’un nouveau langage.

Toutefois, si vous ne désirez pas investir dans ce dictionnaire, ce qui paraît tout à fait compréhensible en cette période de crise, ce billet tentera de vous aider à mieux cerner les méandres du français 2.0.

Comprendre le langage de la génération Y, qui évolue à la vitesse d’Internet, c’est-à-dire avec la microseconde comme unité de mesure peut paraitre, au premier abord, compliqué. Que nenni wesh, toi-même tu sais qu’il suffit d’un léger effort d’adaptation pour être IN et ne pas finir avec les loosers. Autrement dit, vivre avec son temps c’est aussi quelque part, parler avec son temps t’as vu.

Chaque idiome est irrémédiablement destiné à évoluer. Une langue vivante est une langue qui créée de nouveaux mots. C’est donc très logiquement le cas de la langue française qui n’échappe pas à la règle et les diverses mutations citées plus haut sont désormais légion. Certains mots à l’envers entrent dans le dictionnaire : meuf, keufs etc.. Nous assistons donc à une véritable verlanisation du vocabulaire. http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/verlan2.html

Le plus étonnant dans cette évolution réside dans le fait qu’elle ne se cantonne plus aux banlieues. Du Trocadéro au parc Monceau, ce langage est devenu courant et parfaitement compris par tous les jeunes (et moins jeunes), quel que soit le milieu social dont ils sont issus.

Il y a lieu ici de se demander pourquoi la nouvelle génération possède cette volonté de différentiation et pourquoi est-ce qu’elle l’exprime à travers son parler ?
Une tentative de réponse s’articulerait autour du fait que ces jeunes ont de multiples origines et désireraient les revendiquer. Parler anglais (Roch Voisine, David Charvet), créole (Matt Houston) ou breton (Nolwenn) serait donc un moyen de rappeler ces antécédents et de faire parler de sa région natale ou de sa région de cœur.
A ce titre, certains termes peuvent permettre d’identifier le quartier d’origine de celui qui les emploie. Un peu comme les tatouages, le langage serait un totem, un symbole d’appartenance à une tribu ou plus vraisemblablement à un clan.

D’abord apparue à travers les textes des groupes de rap français (tels que le ministère AMER, NTM ou encore IAM), cette nouvelle façon de parler n’a désormais plus de frontière (qu’elle soit sociale ou dépendante d’un autre facteur) comme le corrobore le succès rencontré par le groupe « Sexion d’Assaut » depuis 2010. Cela peut paraître chelou pourtant ça ne sert plus à rien de faire crari, on sait que vous avez parfaitement compris de quoi il s’agissait : un véritable phénomène qui ne se cantonne plus aux bancs du lycée. En effet, les trentenaires d’aujourd’hui, qui sont de purs produits de la génération NTM, utilisent ce nouveau langage qui s’est partout démocratisé.

Afin de déterminer si vous êtes capable de tenir une conversation avec un « jeune », nous vous proposons ce petit florilège lexical :

« Wesh ! Glilu mon frère !  Arrête de faire crari que t’as pécho une zouz hier à la réçoi. Le keum quand il va en teboi cevi, il se met bien t’as vu ! Mais jamais il sort un yébi pour bédave ou payer la tease. Et rien qui parle avec des taimps et des michto, c’tarba en plus !

– Mais zyva parle pas mal de ma famille là wesh ! »

Si moins de deux mots ou expressions vous sont inconnus : Bravo, vous comprenez parfaitement le langage des banlieues et vous pouvez vous lancer dans une carrière de rappeur/slameur.

Pour les autres, ne désespérez pas, envoyez vite « KARNA » au 8 22 22 et vous découvrirez le sens caché de ce mot.

Ps : certains termes d’origine inconnue se sont glissés dans cet article, saurez vous les retrouver ?
Chloé GIRAUX (un peu, apprécie le langage châtié) et Dan HAYOUN (surtout, y parle trop mal lui wesh (mais crame pas les blases aussi toi qu’est-ce qu’il y a ?))


Comme tous les ans, les étudiants de l’Ecole des Hautes Etudes de la Décision ont eu la chance de se rendre sur la base militaire de Salon-de-Provence pour une semaine de stage d’aguerrissement auprès des étudiants et formateurs de l’Ecole de l’air et de l’Ecole militaire de l’air. L’occasion pour nos étudiants d’expérimenter le management et la prise de décision dans un autre cadre que celui de l’entreprise et de découvrir le monde militaire avec tout ce qu’il comporte comme règles, rites et traditions.

Équipés de la tête au pieds (treillis, ceinture, ceinturon, polaire, musette), les étudiants de l’EHED ont très vite  été plongés en immersion. Ils ont appris à marcher en section mais aussi à mener des sections. Chants militaires ont également bercé leur semaine. Exercices physiques réguliers, cours de commandement… les étudiants se sont vite pris au jeu et ce stage à même suscité des vocations!

Restez connectés pour plus d’images de cette aventure hors du commun et des témoignages!


Bientôt sur vos écrans….

 

 


Le titre de cet article est bien évidemment provocateur, comme vous pouvez le constater. Cependant, il pose à mon sens une vraie question qu’on pourrait qualifier de « question de société » :Les « beaufs embourgeoisés » détiennent-ils les clés du pouvoir dans la société française actuelle ?

Tentons dans un premier temps une définition des termes de la problématique, comme se doit de le faire tout bon étudiant (et pas seulement celui de sciences po).

Concernant l’expression de « beauf embourgeoisé », je dois avouer avoir trouvé cette expression dans le morceau « Suicide social » du très talentueux rappeur Orelsan. Je trouve que c’est LE terme approprié pour décrire le genre de personne auquel tout un chacun est confronté au quotidien : sous ses airs de « bourgeois » bien habillé et propre sur lui, le « beauf embourgeoisé » ne peut que difficilement cacher ses habitudes et ses comportements liés à la culture et à l’éducation populaire. On peut également le définir par un autre terme qui est celui de « nouveau riche ». Pour avoir une idée de ce phénotype, je vous conseille de vous reporter à la trilogie des films « La vérité si je mens », avec une attention toute particulière à porter sur Patrick Abitbol, bien entendu. Néanmoins, le « nouveau riche » peut être considéré comme ayant un pouvoir d’achat plus élevé que le « beauf embourgeoisé » à mon sens.

L’étymologie du terme « beauf » provient du mot beau-frère, c’est une sorte de diminutif. Le terme de beau-frère renvoie, dans la culture populaire à un membre de la famille un peu envahissant et embêtant, qui fait partie de sa famille par mariage. Le terme de « beauf » est le diminutif populaire du terme beau-frère.
Dans le dictionnaire Larousse, le beauf est défini de la manière suivante : « Type de français moyen, réactionnaire et raciste, inspiré d’un personnage de bandes dessinées. Cette définition nous permet de mieux cerner les caractéristiques morales et mentales de ce que l’on appelle communément un « beauf ». Il faut insister sur le fait que ce terme désigne un certain type de français moyen mais ne les englobe pas tous, bien heureusement. L’accent est mis sur des caractéristiques désagréables : le racisme et le caractère réactionnaire du beauf. On pourrait également rajouter une certaine vulgarité dans les attitudes, les paroles (se référer principalement aux blagues douteuses) ainsi qu’un manque cruel de culture.

Concernant le personnage de bandes dessinées auquel cette définition fait référence, on peut évoquer les dessins de Cabu parus dans Charlie Hebdo durant les années 70 et repris dans l’hebdomadaire Le Canard Enchainé, qui caricaturaient ce que l’on appelle le Français moyen. On peut également signaler le rôle joué par la bande dessinée « Les Bidochons » qui fait référence aux habitudes de vie des Français dits « moyens », ou plus communément « beaufs ».

Les termes connexes que l’on peut associer à celui de beauf sont les suivants : « péquenaud » ; « kéké » ; « Jacky » ; « blaireau » ; « ringard »…


Le retour en force du beauf depuis les années 90 : tunning, apparence et attitude dite Bling-bling, la tektonik.

De nombreux médias ont pointé un retour du phénomène beauf durant les années 1990 et 2000 en France.
En effet, nous avons pu remarquer durant cette décennie, une montée en puissance du phénomène « beauf ». Souvenez-vous de l’émission Morning Live animée par le mémorable Mickaël Youn. Ses prestations comico-scatologiques ont connu un succès énorme, ce qui l’a conduit à réitérer son humour « décapant » dans un nombre incalculable de films (« Les 11 commandements » notamment).
Remémorez-vous aussi la mode du tunning. Car, oui avant de devenir complètement « has been » et ringard, le tunning ou l’activité consistant à ajouter des gadgets inutiles, censés embellir et apporter une plus-value à une voiture, était considéré comme étant « fashion ». Qui n’a pas parmi son entourage, un oncle, un ami, un cousin qui a subitement mis une partie de ses économies dans un « caisson de basse » pour que la musique soit plus forte, dans des sièges dits « baquets » ou, pire, dans de la fourrure pour décorer son volant ? La faute peut-être aux clips de rap des années 90, vantant l’esthétique tapageuse ?
Dans un style plus caricatural et « second degré », les deux dernières décennies ont donné naissance à Jean-Claude Convenant, beauf « bling-bling » et goujat dans la série Caméra Café diffusée sur M6. On peut aussi mettre en avant le succès des Deschiens sur Canal + à la même période, qui mettait en scène des situations de la vie quotidienne. N’omettons pas le film Camping, sorti dans le courant des années 2000, qui vantait les vacances façon « France populaire » au camping, en opposition aux vacances luxueuses prévues par le personnage incarné par Gérard Lanvin. Ce film a le mérite de pointer les points négatifs qui existent dans chaque couche sociale, on peut dire que « tout le monde en prend pour son grade » en d’autres termes.

Ajoutons :


Les beaufs en politique : Nicolas Sarkozy et Berlusconi, des beaufs à la tête de grands Etats européens, la transformation du beauf : plus seulement un français moyen ou de classe populaire, un « bourgeois». Ce phénomène dit de « beaufitude » s’est étendu aussi à la sphère politique, preuve que même ceux qui sont considérés comme faisant partie de l’élite sont touchés par la contagion.

Je citerais tout d’abord notre président, Nicolas Sarkozy, qui a donné le ton dès le début de son mandat : en février 2008, alors qu’il arpentait les allées du salon de l’agriculture à la recherche de mains à serrer, le chef de l’Etat tente d’approcher un visiteur qui lui refuse le moindre contact corporel et lui dit : « Ah non, touche-moi pas ! Tu me salis ! ». Agression morale, surtout à l’encontre du président d’une grande puissance occidentale. La tradition et la bienséance aurait exigé un sang-froid de la part de ce chef de l’Etat. Néanmoins sa réaction fut directe, et sur le même ton puisqu’il répondit : « Eh bien casse-toi alors ! Pauv’ con ». Cet « événement » fut largement relayé par les médias français et internationaux et fait désormais partie des « phrases cultes » de Nicolas Sarkozy. Cette réplique nous donne l’impression d’être dans le métro à l’heure de pointe non ? Est-ce un moyen peu approprié pour le chef de l’Etat de se « rapprocher du peuple » ?
Dans le même registre souvenons-nous de sa réponse à l’agression d’habitants d’Argenteuil lors d’une de ses visites dans les « quartiers chauds » d’Ile-de-France : « Ben vas y descends si tu oses ! ». Quel courage et quelle classe venant d’un homme en costume entouré de plusieurs gardes du corps. Il s’est pris, sans doute, l’espace d’un instant, pour un Robert De Niro sorti du film Taxi Driver : « Are you talking to me ?? »
Sans aucun doute, Nicolas Sarkozy illustre parfaitement cette « beaufisation » des élites politiques, néanmoins ce rôle est également très disputé par l’ancien Président du Conseil italien Silvio Berlusconi, mais ceci dans d’autre registres. En effet, il semble davantage tourné vers les blagues plus que douteuses et les jeunes femmes style « calendrier Tuning ». Pour mémoire, la blague adressée à l’encontre du président Obama lors de son élection à la présidence des Etats-Unis, décrit comme étant « bronzé ». Nous somme là en présence d’une blague qui répond typiquement au descriptif du beauf… Affligeant venant d’un chef d’Etat n’est-ce pas ?

Pour conclure, n’oublions jamais que nous sommes tous le « beauf embourgeoisé » de quelqu’un d’autre, il s’agit simplement d’en être pleinement conscient. 🙂

La mise en avant de ces « beaufs embourgeoisés » pose la question de l’importance de la culture actuellement et son rôle dans la réussite sociale des individus, selon moi.
Je vous mets en lien deux articles qui traitent du même thème : l’article d’AgoraVox traite du phénomène « beauf », tandis que le second, tiré de l’hebdomadaire Marianne, aborde davantage l’aspect politique de ces mêmes « beaufs ». Le dernier article est un condensé des plus belles blagues de Berlusconi.
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-france-beauf-et-ses-icones-un-39292
http://www.marianne2.fr/2012-qui-se-soucie-du-beauf_a209596.html
http://www.slate.fr/story/36879/infographie-conneries-de-berlusconi

Si les beaufs embourgeoisés sont déjà ou ont été à la tête de grands Etats européens, qui peut aujourd’hui prévoir ce qu’ils seront demain ? Ou s’arrêteront-ils ?
La réponse dans un prochain article.

Elodie Pelet en collaboration avec Dan Hayoun.


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Profitons de cette journée d’élection, ne rêvons plus, cessons de nous mentir. Comment une France et plus généralement des citoyens européens avides de tranquillité et de confort individuels, pourraient tirer leur épingle du jeu face à des pays en pleine croissance. En 2020 l’Europe sera selon toute vraisemblance coincée entre une Afrique surpeuplée, une Russie politiquement forte et une sphère méditerranéenne économiquement développée.

En 2012, il nous paraît évident et logique que tous les pays voisins souhaitent rejoindre l’Union Européenne, mais au rythme actuel combien de temps cela durera-t-il ? Combien de temps encore ferons-nous illusions ? Que l’idée européenne s’essouffle, que la France continue à faire jeu à part et qu’en restera-t-il ? Rome n’a-t-elle pas déjà dû céder la place à Constantinople ? Soyons réalistes, les flux migratoires sont déjà en train de s’inverser. Nos politiques se déchirent autour de la notion d’immigration choisie. Quelle manque de vision quand une bonne partie de nos cerveaux  s’expatrient de l’autre côté de l’Atlantique ou de plus en plus souvent en Asie.

Alors dans quinze ans que nous restera-t-il en Europe : des vieux, des chômeurs sous qualifiés et des fonctionnaires ? Nous ne sommes décidemment que d’aveugles prétentieux. Cessons d’être autistes et apprenons plutôt à nos enfants à vivre avec le monde qui les entoure plutôt qu’avec la peur du chômage. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux dans le secret des clubs et autres cénacles de chefs d’entreprises ou de politiciens à s’attendre à un éclatement pur et simple de l’Europe. Comme si ces élites dépassées par l’ampleur de la tâche baissaient les bras; victimes expiatoires du marasme économique européen.

Coincée entre un bassin méditerranéen politiquement instable et revanchards de siècles de colonisation et une Europe de l’Est rancunière de décennies d’abandon de l’autre côté du Mur, l’Europe, notre vieille Europe, manque de souffle. Engoncés dans un carcan tant idéologique que psychologique dont ils ne veulent surtout pas sortir, nos politiques ont cru un temps que l’élargissement de l’idée européenne serait la solution à tous ces maux. L’illusion fut de courte durée. La chute du mur de Berlin, la montée en puissance des extrémismes politiques et religieux, et l’internationalisation du terrorisme sont rapidement venus à bout de cet équilibre précaire.

N’ayons pas peur des mots: le modèle social français est mort. Accordons nous au moins pour lui offrir un enterrement de première classe. Ne craignons pas la remise en question: le système européen actuel n’est pas viable à long terme. Il porte en son sein parmi les nouveaux adhérents trop de vieilles querelles inassouvies. Tout reste donc à inventer. Nous vivons une période historique qui loin de nous effrayer devrait nous motiver, nous exalter. Nous pouvons, nous devons changer le système. La période y est propice mais où sont ces hommes providentiels qui devraient nous entraîner. Le monde politique français de ce début de millénaire ressemble plus à un conte de Grimm ou Perrault avec leur cortège de personnages pittoresques qui de Blanche Neige à Grincheux en passant par Le Petit Poucet, se disputent plus les miettes d’une grandeur passée, qu’à la Légende des siècles de Victor Hugo.

Point de Voltaire ou de Rousseau pour inventer de nouveaux schémas de pensée. Aucun Danton ou Bonaparte pour galvaniser les foules. Pas plus de Clémenceau ou de De Gaulle pour retrouver la fierté. Non le pays est las. Le pays est faible de ses élites. Le pays est frileux de ses masses. Tous le savent, Cassandre d’une nouvelle ère, mais aucun n’a ce goût du risque qui forge le courage et fait naître parmi les foules ce que de Thucydide à Mirabeau on appelle la « volonté du peuple ». Cette volonté qui fit frémir les murailles d’Athènes, et trembler les cours d’Europe.

Christophe LAMANDÉ


Savez-vous ce qu’est « la nomophobie » ? Non ? Et bien ce n’est rien d’autre que la contraction de « no-mobile-phone-phobia » qui traduit tout simplement la peur d’être séparé de son téléphone portable ou de ne pas l’avoir constamment à portée de main.
Certes il y a ici, un abus de langage, car cette maladie aurait dû s’appeler « nomophophobie », mais comme vous avez pu le constater, c’est quelque peu indigeste et ça fait bègue. (N’en déplaise à la Miss France éponyme).

Si comme moi, vous vous reconnaissez dans la description ci-dessus ne paniquez pas : cette pathologie se soigne. En effet, des médecins avec des lunettes (donc très intelligents) ont été chargés de trouver un remède qui pourra nous guérir totalement de cette angoisse chronique.

Le secret réside dans le plus profond respect du protocole suivant :
Etape 1 : Appelez votre opérateur téléphonique et résiliez votre abonnement.
Etape 2 : Donnez ou vendez votre téléphone à un proche ou à une connaissance.

Aussi efficace que puisse paraître ce traitement, il semble évident qu’il ne conviendra pas à tout le monde pour la simple et bonne raison que le téléphone portable est devenu un outil indispensable pour tout businessman de la génération 2.0 qui se respecte.

C’est la raison pour laquelle la très sérieuse et réputée OSMMT « organisation pour sauver le monde des méchantes technologies » a demandé à d’autres médecins, sans lunettes cette fois, (donc plus guidés par leur hémisphère droit, celui de l’imagination) de livrer THE antidote, parce que là, on n’en peut décidément plus.

Les résultats ne se sont pas faits attendre, et je vous les retranscrits en substance :
Etape 1 : Supprimer ou désactiver pour 5 mois son compte Facebook.
Etape 2 : Idem avec le compte Twitter ou Google+.
Etape 3 : Dire gentiment à ses amis qu’on ne sera pas joignable jusqu’aux prochaines vacances.
Et effectivement, ça fonctionne! Vu que votre téléphone ne sonne plus, vous en viendrez vous-mêmes à le jeter ou à l’oublier sur un coin de votre bureau au point qu’il se transformera au fil des jours en un bibelot antique que vous pourrez revendre à un brocanteur pour un joli pécule.

Plus sérieusement maintenant, il y a lieu de noter qu’après l’incontournable téléphone portable et les réseaux sociaux qui vont avec, il existe une deuxième addiction, d’autant plus pernicieuse celle-ci, qu’elle vous fait croire que vous apprenez l’anglais pendant que vous vous y adonnez, j’ai bien sûr nommé : « les séries américaines ».

Jack Bauer parviendra-t-il à sauver le monde en 24h Chrono? Les attachants génies de Big Bang Theory arriveront-ils à révolutionner le monde? Allons-nous enfin découvrir comment Ted a rencontré leur mère?

Autant de questions qui passionnent nos contemporains post-CPE. Mais comment expliquer ce phénomène en vogue depuis le début des années 2000 ?

La dépendance aux séries est un mal extrêmement corrosif car il ronge de l’intérieur et influe sur le caractère des personnes assujetties.  N’avez-vous jamais entendu de phrases du type : « Ne divulgue pas la fin de tel épisode à haute voix sinon je te tue ! » ou « je n’ai pas encore vu la saison 4 de telle série, si quelqu’un en parle, inutile qu’il essaye de m’adresser la parole à nouveau ! » ? Il semble important de prendre ces menaces en considération car il est souvent arrivé que de très longues et en apparence solides amitiés se brisent pour des histoires d’intrigue révélée et par conséquent de jubilation de la découverte gâchée.

Posons-nous donc la question de ce qui peut rendre « addict » dans une série américaine ? Bien évidemment le suspens et la sympathie qu’on éprouve à l’égard des personnages, mais quel est le facteur essentiel dans la réussite ou l’échec de ce type de production ?

Si je connaissais l’ingrédient secret, il est fort probable que je ne serai pas là, en train d’écrire cet article mais plutôt en plein tournage d’une nouvelle série révolutionnaire. Néanmoins, on peut identifier certains éléments nécessaires, mais pas suffisants, au succès d’une série et les voici :

–          Un titre qui CLAQUE : « 24h Chrono » – « LOST » – HEROES » etc…

–          Un concept génial, du jamais vu, de l’extraordinaire.

–          Une histoire intéressante, passionnante, envoutante, émouvante voire éprouvante.

–          Des personnages charismatiques (type Barney dans « How I met your mother »), atypiques, attachants et sincères dans leur jeu d’acteur.

THEBROCODE

–          Un ou plusieurs méchants /ennemis du personnage principal (Dexter).

–          Un personnage central de signe astral gémeaux : compliqué, aux multiples facettes, surprenant, imprévisible et à la morale flexible (Mad Men).

–          Des jolies filles et de beaux garçons (même dans « Ugly Betty », les seconds rôles étaient triés sur le volet)

–          Et pour terminer : un budget marketing colossal pour inonder les médias et créer le buzz autour de la série-évènement !

A nouveau ici, je vais tenter de retranscrire les recherches de remèdes et leurs aboutissements. D’un coté, nous trouvons les radicaux représentés par le fantasque Jean-Luc Lémenchon, qui prônent l’arrêt définitif de ce qu’ils qualifient de télé « MacWorld » en décrétant un embargo implacable sur les séries américaines au profit d’Hélène et les garçons ou de Navarro. A l’extrême opposé, nous entendons les propos d’une certaine Marine Pe Len, qui soumet l’idée originale, mais pour le moins saugrenue, d’obtenir un baril de pétrole gratuit de la part du pays importateur de la série pour chaque téléspectateur d’une adaptation en Version Française (VF) ce qui compenserait je cite : « l’abrutissement causé par le ramassis de poncifs éculés en provenance d’outre-Atlantique ».
Enfin, au centre, se distingue par son manque de prise de parti, le Medom, dirigé par le moyennement célèbre François Raybou, qui propose de n’accepter que la moitié des séries et d’offrir seulement un demi-baril de pétrole par amateur.

Il faut prendre très au sérieux cet avertissement car selon un sondage Aegis Media France, 89% des 7-12 ans surfent sur Internet chaque semaine. Notre addiction aux nouvelles technologies se construit donc dès notre plus jeune âge.

A vous maintenant, que vous soyez X ou Y, de prendre la décision d’être un soumis heureux ou un rebelle malheureux.

Dan HAYOUN


Normand de 26 ans, Orelsan – de son vrai nom Aurélien Cotentin – s’est d’abord fait connaitre sur Internet avec des titres au ton provocateur.

A la sortie de son premier album en 2009, il lance simultanément sur la toile un titre dénonçant l’infidélité féminine. Taxé de misogyne par Valérie Létard alors secrétaire d’Etat, Orelsan refuse de se laisser enfermer par les polémiques qui l’entourent. Il prend le temps de mûrir et organise son retour dans un style plus aiguisé, plus réfléchi. Il est aujourd’hui la nouvelle coqueluche du rap français.

La dépression et le mal être des jeunes adulescents sont ses thèmes de prédilection. A ce sujet, il confie en 2009 au quotidien Libération: « Moi et plein de gens de mon entourage, nous n’avons aucun but dans la vie. Maintenant avec le recul, je crois que je n’ai même jamais commencé à y réfléchir. On cherche, en fait, du kif assez rapide : on est sur la console de jeux, sur Internet. On comble le manque de désir par des plaisirs immédiats. On cherche à vivre des trucs fantastiques, mais on ne fait que des conneries. C’est pas structuré du tout dans notre tête. »

Sorti en  Septembre 2011, son album Le Chant des Sirènes est un véritable succès: un mois après sa sortie, il devient disque d’or. Ses punchlines et son rap cru ont conquis un large public.

Je propose de vous faire découvrir ici l’un des titres phares de cet album, Suicide social. Confession d’un dépressif fâché contre le monde qui expectore sa haine de la société, ce morceau coup de poing pointe les préjugés que chaque français porte en soi.

En espérant que vous apprécierez le texte de ce poète à la plume tranchante, je vous souhaite un très bon visionnage.


Ce soir, dans le metro, l’impression, l’espace d’un instant, que l’amour envahit les couloirs des sous-sols parisiens… Un esprit d’adolescent s’empare de la population suburbaine et me fait vibrer sur un air katyperryien débitant du teenage dream en guise de flèche…

Et tandis que Cupidon brave le froid à Paris, une musique harassante rappelle son refrain entêtant. Celui par exemple d’un autre pari qui se pose aux badauds méditerranéens tentant d’éviter la rupture des couples nés au printemps dernier. Eros lui-même semble avoir délaissé son panthéon grec qui brûle sous le feu des émeutes socioéconomiques et les cavaliers de l’apocalypse civilisationnelle et électorale accélèrent leurs chevauchées alors que continue de sommeiller l’expression du power of love.

YC


Dans un esprit plus décalé, voici la vidéo de politiciens bien décidés à en découdre par… le judo !

L’homme réalise ici un Tomoe Nage suivi d’une tentative de Tai Otoshi.

La vidéo ci dessous :

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