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Jean-Luc Mélenchon appelle à manifester pour « un grand balayage » de la classe politique et le début d’une transition vers une VIème République, le 5 mai prochain.

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Depuis des années, une partie du milieu politique milite pour la transition vers une VIème République où le rôle de Premier Ministre serait supprimé et dans laquelle le Président de la République n’aurait plus droit de dissolution de l’Assemblée nationale.

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Ses partisans sont – pour quelques-uns – réunis sous la Convention pour la 6ème République (C6R), mise en place en 2001 à l’initiative d’Arnaud Montebourg. Au-delà de ce groupe de réflexion, on trouve surtout des acteurs politiques « charismatiques » : François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon avaient inscrit ce projet de transition constitutionnelle dans leur programme, Dominique Strauss-Kahn l’avait longuement décrit dans La Flamme et la Cendre (Grasset) en 2002, et même Marine le Pen a qualifié l’an dernier, sur le plateau de Des Paroles et des Actes, d’ « absolument nécessaire » la réforme de la Constitution pour une VIème République. On pourrait encore en citer d’autres : ce sont toutes les strates de la classe politique française qui revendiquent – à leur manière – ce projet de réforme constitutionnelle.

Pourtant, au vu du contexte tant structurel que conjoncturel auquel la République est actuellement confrontée, cette idée fait plutôt lieu de non-sens.

Critique en cinq idées du projet d’une VIème République.

1. La France doit garder sa spécificité
L’hypothèse d’un régime présidentiel, avec une présidence forte et un gouvernement au-dessus des canons du Parlement, colle mal avec la tradition républicaine française, dans laquelle la représentation populaire locale demeure un fondement institutionnel.
Quant à un régime parlementaire… En temps de crise, un gouvernement doit être solidement ancré mais en même temps efficace et légitime. Or, la plupart de ces régimes parlementaires européens (au sein desquels le gouvernement est une émanation du Parlement) ont démontré leurs limites structurelles ces dernières années : Italie, Espagne, Grèce, Portugal, quel gouvernement a tenu pendant la crise ? Où sont passés Berlusconi, Zapatero ou encore Gordon Brown ?
Le fait que François Fillon soit resté cinq ans le Premier ministre de Nicolas Sarkozy est peut-être un paradoxe, mais pas le fruit du hasard. La France a beau être un régime semi-parlementaire, son ADN présidentiel lui confère une vision de la mandature sur le temps d’un quinquennat, gage de stabilité et de temps utile.
La spécificité française d’un régime semi-parlementaire en ressort, sur ces points, confortée.

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2. Sur cet aspect, l’Allemagne est un modèle incompatible
Les plus sceptiques diront : « Angela Merkel a bien tenu en Allemagne ! ». Et ce ne serait pas faux de le dire.
Seulement voilà, l’Allemagne est un modèle pour bien des choses, mais pas sur ce registre. Elle n’est pas la France, ni par son histoire et sa tradition démocratique, ni par son organisation structurelle à travers son statut de régime fédéral.
À moins de faire appliquer dans un délai rapide un plan de décentralisation vigoureux et étendu à la dimension électorale, en donnant des pouvoirs décuplés aux Conseils régionaux, il n’y a aucune manière d’envisager de reproduire le modèle de la chancellerie allemande au sein duquel les Länder sont assimilés à des États fédérés.

3. Les menaces du populisme et de la montée des extrêmes
Le rapport politique change dans le cadre d’un régime parlementaire : c’est le Parlement qui dirige le pays.
En confiant aux parlementaires la quasi-totalité des commandes de l’appareil républicain, on lui donne aussi le moyen d’affirmer ou destituer un gouvernement en place au prétexte qu’il est inefficace ou mal jugé.
Que dire aussi des électeurs, qui seraient si proches de la représentativité locale qu’ils pourraient – en cas de proportionnelle et dans la tendance actuelle des choses – faire accéder près d’une centaine de députés FN au Palais Bourbon ? La France s’exposerait alors à la menace d’une révolution nationale conservatrice : elle serait belle la VIème République !

4. Le rôle-tampon nécessaire du Premier Ministre
Messmer, Mauroy, Chirac, Rocard, Edith Cresson, Beregovoy, Raffarin, Villepin, Ayrault… À l’exception de François Fillon confronté en son temps au syndrome de « l’hyperprésidence élyséenne », lequel de ces pensionnaires de Matignon n’a pas vu sa côte de popularité fléchir vertigineusement, au point d’avoir parfois vu venir une certaine forme de « chasse à l’homme » s’engager à son encontre ?
La Vème République française fonctionne selon la formule de François Mitterrand : « À l’Élysée le temps long, à Matignon le temps court ». Dans ce système, le Premier Ministre fait clairement figure de rempart contre l’opinion, et crée ainsi une véritable digue entre l’action gouvernementale pilotée par le Président de la République et les esclandres des partenaires sociaux et de la population.
On peut considérer ce rôle ingrat, mais on ne peut pas dire qu’il n’est pas utile surtout à une époque où la communication joue un rôle-clé dans la détermination de l’opinion que se fait l’électorat du gouvernement en place. Mitterrand comme Chirac – qui cumulent tout de même à eux deux plus de 25 ans de location à l’Élysée – ont chacun utilisé pour leurs deux mandats plusieurs Premier Ministre afin de « redonner du souffle » à leur action. Ce souffle, c’est en réalité le meilleur cadeau à une opinion défaitiste, qui ne remette pas en cause l’essence même de l’action gouvernementale.

5. Un éclatement de la classe politique qui ne permet pas aujourd’hui d’envisager sereinement l’issue du vote des parlementaires réunis en Congrès
Enfin, on peut rappeler que pour modifier la Constitution, le Président doit réunir le Parlement (Assemblée nationale + Sénat) en Congrès à Versailles, et faire adopter sa réforme par la majorité des 3/5ème des suffrages exprimés.
Il est bon de rappeler que si l’idée d’une VIème République enchante une part importante de la classe politique, elle se confond néanmoins en plusieurs déclinaisons de concepts qui ne se rejoignent pas tous au final.
Ainsi, dans le contexte actuel du paysage politique français qui se scinde entre de trop nombreux partis et de trop nombreuses positions sur des principes économiques ou sociétaux simples, le projet ne semble de toute façon pas envisageable à court ou moyen terme.

* * *


En somme, la Vème République offre aujourd’hui – malgré ses rouages parfois complexes – le gage d’une stabilité et d’une pérennité de l’action gouvernementale, qui jouit ainsi de la possibilité de proposer de nombreuses inflexions sur une mandature et donc une stratégie élaborée sur le temps d’un quinquennat.
Le projet d’une VIème République, tant qu’il n’inclura pas cette garantie d’une sérénité de manœuvre, semble inéluctablement devoir être renvoyé à son impertinence.

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51 ans. Voilà 51 ans jour pour jour, soit  le 17 octobre 1961, que le pouvoir français montrait sa réaction aux insurgés algériens par une violente et mortifère répression.

France  – Algérie. Ce pourrait être le titre d’un match de football. Mais c’est aussi l’histoire de deux nations, liées par l’histoire, déchirées par la guerre et l’histoire coloniale..

Deux pays vivant leur relation dans un mélange de rancœur et d’attirance. Ce « je t’aime moi non plus », incarné par la complexité diplomatique franco-algérienne, tant le sang versé hante les esprits.

A ces raideurs du passé, il est nécessaire de répondre par un travail historique. Ouvrir les archives, informer, donner les clés de compréhension…  Mais surtout sortir des héros de ces heures sombres de l’histoire de France à nos tètes blondes.

Mais comment évoquer cette histoire, par quel sens, comment parler de ces événements ?

Qui mettre en avant ?

Et pourquoi pas Abd el Kader ?  Connaissant les deux pays,  personnage complexe, militaire et  poète, résistant honnête pour les Algériens,  ami et indigène cultivé pour les Français.

Comment enseigner la colonisation ? L’enseignement par souci d’efficacité, arbore souvent une vision manichéenne de l’histoire, celle du bien et du mal, du dominant et du dominé. Or comme chacun sait, la réalité historique, toujours complexe, fait que tout n’est jamais ni tout blanc, ni tout noir, mais fait d’une infinité de Gris.

L’Histoire suscite parfois des réactions passionnelles: c’est la cas de la guerre d’Algérie, De part et d’autre de la Méditerranée, le divorce fera place à la douleur : le massacre de Harkis, les exactions de l’OAS,  l’expropriation de familles entières… Une douleur  qu’exprimera Albert Camus dans son  « j’ai mal à l’Algérie, en ce moment, comme d’autres ont mal aux poumons« 

Une période historique à questionner donc, un contexte de guerre à responsabiliser. Qui dénoncer ? le corps politique ? militaire ?  Comment juger les exécutants comme Papon ou Aussaresses ? Krim Belkacem et Jean-Marie Le Pen se considéraient, dit-on, comme adversaires de guerre mais comme respectueux ennemis sur le terrain civil.

Ces questionnements scinderont l’opinion publique, la question de la colonisation sera d’ailleurs dénoncée par l’intelligentsia parisienne comme par la communauté internationale ( Sartre – ONU )… Mais surtout, par le petit peuple algérien, une  oppression vue comme une entrave à la liberté, dont les Algériens ont souffert. Cette souffrance qu’a longtemps chanté la musique Chaabi.

Ainsi, les considérations humanistes grandissantes imposeront progressivement la décolonisation. Dès lors, la France perdra progressivement un pied stratégique en Afrique, et l’Algérie libre accèdera à sa réelle autodétermination.

Depuis, 50 ans sont passés, et tout Algérien honnête relèvera un constat amer de son pays,  L’Algérie semble en effet se relever difficilement de cette période,  si l’on en prend sa naissance post coloniale: l’économie Algérienne reste largement constituée de ses ressources d’hydrocarbures et peine à dynamiser une économie « complète ».

Ces échecs économiques se lient aux maladresses diplomatiques des deux pays. Notamment au niveau culturel une relation ambigüe est restée: la francophonie d’une partie de la population, les douleurs du passé, et du « régime boutéflikien ».D’autant que les deux pays évoluent dans des systèmes religieux différents, Islam pour l’un, laïcité pour l’autre .

Si les Catholiques Français avait cru pouvoir évangéliser l’Algérie en échange du rapprochement de l’Eglise et de la République par le fameux « toast d’Alger », c’est aujourd’hui la France qui accueille une présence musulmane non négligeable sur son territoire. Une politique migratoire  qui a amené des familles d’ouvriers en France, remplis de souvenirs de guerre.

Les générations nouvelles ne se gênant d’ailleurs pas pour poser la question de la reconnaissance et du pardon face à ces douleurs de guerre.

De ces faits, faudra-t-il que la France, 50 ans après, s’excuse ?

C’est à François Hollande d’en décider,  de faire ce travail,  lors d’un discours fort et puissant, en se posant en orateur qu’il n’est pas, et  de couper ainsi au pouvoir Algérien le soin d’exploiter le ressentiment anti-français pour cacher les échecs économiques et diplomatiques de l’Algérie .

A notre président donc, de prendre les choses sérieusement en main, au lieu d’envoyer la bogdanovienne Benguigui, quasi insulte à la beauté des femmes algériennes, parler à Alger de Francophonie.

Que se passe-t-il aujourd’hui ? Pourquoi l’Algérie ne s’est elle pas révoltée ? Pays où pourtant, la tradition révolutionnaire est forte, et ou tout une jeunesse pourrait ressentir un Désir de liberté et de conscience pour accéder à notre chère social démocratie de consommation.

Tout d’abord, les Algériens ont moins foulé le pavé, ils ont souffert, de guerres et de violences. Les mauvaises langues diront que de toutes façons le pouvoir ne laisse pas les manifestants se réunir sur la place d’Alger, ou que les revenus pétrolifères font taire les protestations.

Mais le poids du sang est sans doute la principale raison à ce mutisme révolutionnaire. L’opposition au pouvoir a laissé de nombreuses traces, le sang a coulé,  une guerre coloniale, presque  10 ans de guerre civile dans les années 90, entre politiciens de la foi et le pouvoir.

En 2001 aussi,  le soulèvement  des kabyles,  les Arrchs, sera  réprimé durement.  Un Printemps noir  durant lequel pas moins 130 militants  disparaitront ou décéderont du fait de leurs revendications.

Car si la France, en bonne fille, doit assumer ses responsabilités,   L’Algérie devrait peut être aujourd’hui cesser de regarder ses blessures, coloniales et autres, et assumer de nouveaux défis en créant une véritable alternative politique au vieillissant  Bouteflika qui ne se gênera pas pour préparer dignement sa succession.

La question identitaire aussi, omniprésente en Algérie, pays composite fait de  Kabyles, de  Chaouis, mais aussi de Juifs… autant de communautés encore peu enclines à entretenir de cordiales relations vers l’extérieur,  même avec les voisins Tunisiens et Marocains.

La France aussi, ou la diaspora algérienne se retrouve dans une situation complexe, fondée par l’ambigüité d’être déraciné,  prise entre deux pays,  mais aussi une certaine difficulté car prise dans le filet des nombreux clichés (Bollossage, femmes de ménage, marseillaises sifflées et survêtement Lacoste).

Une ouverture au monde nécessaire donc, vectrice de paix qui apporterait un souffle nouveau à l’Algérie dans ses relations diplomatiques.

Pour autant, un renversement de régime brutal serait il pertinent ?

Rien de moins sur,  une Algérie  affaiblie en proie à des révolutions, et la figure du conseil de transition, ferait l’aubaine des investisseurs de pays étrangers pour exploiter les ressources algériennes, et profiterait à un dangereux chaos social.  La Lybie en fait malheureusement les frais aujourd’hui.

Vue comme l’un des dernier pays indépendant face à la logique de blocs, de part  son indépendance pétrolifère, l’Algérie pourrait subir les foudres des manipulations d’autres états. Les Etats-Unis, experts en la matière, ont d’ailleurs récemment été désavoués par leur propre General Wesley Clark.

Face à la domination, et la manipulation des uns, choisissons la réconciliation des autres.  En Algérie et  en France.



L’EHED Tv, web Tv des étudiants de l’EHED fraîchement lançée, a reçu Roger KAROUTCHI (sénateur UMP et ancien ministre) et Guillaume BALAS (Président du groupe PS au Conseil régional IDF) lors des dernières législatives. 

Invités :

Roger KAROUTCHI (sénateur UMP, ancien Ministre)

Guillaume BALAS (Président du groupe PS au Conseil Régional IDF)

Animation :

Donia EDEN (Canal+)

Bertran FARENC (Rencfa Prod)

Préparatifs émission : Simon BERLIÈRE
Intervenants : Bryan AKPABIO, Raphaël DOR
Régie : Yann MISAINE
Maquillage : Pauline ALLANIC
Logo : Thibault CSUKONYI
Montage + insertions : Benjamin VANOVERTVELD




2007 : Amel Bent, de son vrai nom Amel Bachir, annonce la sortie de son album « A 20 ans » par l’interprétation de son single phare « Nouveau français ».

Si elle ne parlait pas de la langue française mais bien de l’identité nationale, force est de constater qu’aujourd’hui la langue de Molière a subi quelques profondes modifications. Les « wesh », « t’as vu », mots en verlan et autres néologismes rythment les « lyrics » de la jeunesse française émanant de tous les horizons. Dans ce marasme de créativité, Béatrice Giblin se propose de nous aider à comprendre les mécanismes qui ont abouti à l’institution d’un nouveau langage.

Toutefois, si vous ne désirez pas investir dans ce dictionnaire, ce qui paraît tout à fait compréhensible en cette période de crise, ce billet tentera de vous aider à mieux cerner les méandres du français 2.0.

Comprendre le langage de la génération Y, qui évolue à la vitesse d’Internet, c’est-à-dire avec la microseconde comme unité de mesure peut paraitre, au premier abord, compliqué. Que nenni wesh, toi-même tu sais qu’il suffit d’un léger effort d’adaptation pour être IN et ne pas finir avec les loosers. Autrement dit, vivre avec son temps c’est aussi quelque part, parler avec son temps t’as vu.

Chaque idiome est irrémédiablement destiné à évoluer. Une langue vivante est une langue qui créée de nouveaux mots. C’est donc très logiquement le cas de la langue française qui n’échappe pas à la règle et les diverses mutations citées plus haut sont désormais légion. Certains mots à l’envers entrent dans le dictionnaire : meuf, keufs etc.. Nous assistons donc à une véritable verlanisation du vocabulaire. http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/verlan2.html

Le plus étonnant dans cette évolution réside dans le fait qu’elle ne se cantonne plus aux banlieues. Du Trocadéro au parc Monceau, ce langage est devenu courant et parfaitement compris par tous les jeunes (et moins jeunes), quel que soit le milieu social dont ils sont issus.

Il y a lieu ici de se demander pourquoi la nouvelle génération possède cette volonté de différentiation et pourquoi est-ce qu’elle l’exprime à travers son parler ?
Une tentative de réponse s’articulerait autour du fait que ces jeunes ont de multiples origines et désireraient les revendiquer. Parler anglais (Roch Voisine, David Charvet), créole (Matt Houston) ou breton (Nolwenn) serait donc un moyen de rappeler ces antécédents et de faire parler de sa région natale ou de sa région de cœur.
A ce titre, certains termes peuvent permettre d’identifier le quartier d’origine de celui qui les emploie. Un peu comme les tatouages, le langage serait un totem, un symbole d’appartenance à une tribu ou plus vraisemblablement à un clan.

D’abord apparue à travers les textes des groupes de rap français (tels que le ministère AMER, NTM ou encore IAM), cette nouvelle façon de parler n’a désormais plus de frontière (qu’elle soit sociale ou dépendante d’un autre facteur) comme le corrobore le succès rencontré par le groupe « Sexion d’Assaut » depuis 2010. Cela peut paraître chelou pourtant ça ne sert plus à rien de faire crari, on sait que vous avez parfaitement compris de quoi il s’agissait : un véritable phénomène qui ne se cantonne plus aux bancs du lycée. En effet, les trentenaires d’aujourd’hui, qui sont de purs produits de la génération NTM, utilisent ce nouveau langage qui s’est partout démocratisé.

Afin de déterminer si vous êtes capable de tenir une conversation avec un « jeune », nous vous proposons ce petit florilège lexical :

« Wesh ! Glilu mon frère !  Arrête de faire crari que t’as pécho une zouz hier à la réçoi. Le keum quand il va en teboi cevi, il se met bien t’as vu ! Mais jamais il sort un yébi pour bédave ou payer la tease. Et rien qui parle avec des taimps et des michto, c’tarba en plus !

– Mais zyva parle pas mal de ma famille là wesh ! »

Si moins de deux mots ou expressions vous sont inconnus : Bravo, vous comprenez parfaitement le langage des banlieues et vous pouvez vous lancer dans une carrière de rappeur/slameur.

Pour les autres, ne désespérez pas, envoyez vite « KARNA » au 8 22 22 et vous découvrirez le sens caché de ce mot.

Ps : certains termes d’origine inconnue se sont glissés dans cet article, saurez vous les retrouver ?
Chloé GIRAUX (un peu, apprécie le langage châtié) et Dan HAYOUN (surtout, y parle trop mal lui wesh (mais crame pas les blases aussi toi qu’est-ce qu’il y a ?))


Bientôt sur vos écrans….

 

 


L’association des étudiants de l’Ecole des Hautes Etudes de la Décision, EHED Events en collaboration avec Rencfa Prod, organisait le 25 avril 2012 le débat de l’entre deux tours qui réunissait Benjamin Lancar (Président des Jeunes UMP) et Rémi Féraud (Maire PS du 10ème arrondissement).

Riche et animé, passionné et passionnant, ce débat animé par Bertran Farenc (Rencfa Prod) a réuni plus d’une centaine de participants du Groupe IGS (étudiants et encadrants pédagogiques) et extérieurs.

Bravo à l’EHED Events pour cette belle initiative! 

Retrouvez les grands moments du débat sur Twitter avec le Hashtag #PresidentielleEHED




Savez-vous ce qu’est « la nomophobie » ? Non ? Et bien ce n’est rien d’autre que la contraction de « no-mobile-phone-phobia » qui traduit tout simplement la peur d’être séparé de son téléphone portable ou de ne pas l’avoir constamment à portée de main.
Certes il y a ici, un abus de langage, car cette maladie aurait dû s’appeler « nomophophobie », mais comme vous avez pu le constater, c’est quelque peu indigeste et ça fait bègue. (N’en déplaise à la Miss France éponyme).

Si comme moi, vous vous reconnaissez dans la description ci-dessus ne paniquez pas : cette pathologie se soigne. En effet, des médecins avec des lunettes (donc très intelligents) ont été chargés de trouver un remède qui pourra nous guérir totalement de cette angoisse chronique.

Le secret réside dans le plus profond respect du protocole suivant :
Etape 1 : Appelez votre opérateur téléphonique et résiliez votre abonnement.
Etape 2 : Donnez ou vendez votre téléphone à un proche ou à une connaissance.

Aussi efficace que puisse paraître ce traitement, il semble évident qu’il ne conviendra pas à tout le monde pour la simple et bonne raison que le téléphone portable est devenu un outil indispensable pour tout businessman de la génération 2.0 qui se respecte.

C’est la raison pour laquelle la très sérieuse et réputée OSMMT « organisation pour sauver le monde des méchantes technologies » a demandé à d’autres médecins, sans lunettes cette fois, (donc plus guidés par leur hémisphère droit, celui de l’imagination) de livrer THE antidote, parce que là, on n’en peut décidément plus.

Les résultats ne se sont pas faits attendre, et je vous les retranscrits en substance :
Etape 1 : Supprimer ou désactiver pour 5 mois son compte Facebook.
Etape 2 : Idem avec le compte Twitter ou Google+.
Etape 3 : Dire gentiment à ses amis qu’on ne sera pas joignable jusqu’aux prochaines vacances.
Et effectivement, ça fonctionne! Vu que votre téléphone ne sonne plus, vous en viendrez vous-mêmes à le jeter ou à l’oublier sur un coin de votre bureau au point qu’il se transformera au fil des jours en un bibelot antique que vous pourrez revendre à un brocanteur pour un joli pécule.

Plus sérieusement maintenant, il y a lieu de noter qu’après l’incontournable téléphone portable et les réseaux sociaux qui vont avec, il existe une deuxième addiction, d’autant plus pernicieuse celle-ci, qu’elle vous fait croire que vous apprenez l’anglais pendant que vous vous y adonnez, j’ai bien sûr nommé : « les séries américaines ».

Jack Bauer parviendra-t-il à sauver le monde en 24h Chrono? Les attachants génies de Big Bang Theory arriveront-ils à révolutionner le monde? Allons-nous enfin découvrir comment Ted a rencontré leur mère?

Autant de questions qui passionnent nos contemporains post-CPE. Mais comment expliquer ce phénomène en vogue depuis le début des années 2000 ?

La dépendance aux séries est un mal extrêmement corrosif car il ronge de l’intérieur et influe sur le caractère des personnes assujetties.  N’avez-vous jamais entendu de phrases du type : « Ne divulgue pas la fin de tel épisode à haute voix sinon je te tue ! » ou « je n’ai pas encore vu la saison 4 de telle série, si quelqu’un en parle, inutile qu’il essaye de m’adresser la parole à nouveau ! » ? Il semble important de prendre ces menaces en considération car il est souvent arrivé que de très longues et en apparence solides amitiés se brisent pour des histoires d’intrigue révélée et par conséquent de jubilation de la découverte gâchée.

Posons-nous donc la question de ce qui peut rendre « addict » dans une série américaine ? Bien évidemment le suspens et la sympathie qu’on éprouve à l’égard des personnages, mais quel est le facteur essentiel dans la réussite ou l’échec de ce type de production ?

Si je connaissais l’ingrédient secret, il est fort probable que je ne serai pas là, en train d’écrire cet article mais plutôt en plein tournage d’une nouvelle série révolutionnaire. Néanmoins, on peut identifier certains éléments nécessaires, mais pas suffisants, au succès d’une série et les voici :

–          Un titre qui CLAQUE : « 24h Chrono » – « LOST » – HEROES » etc…

–          Un concept génial, du jamais vu, de l’extraordinaire.

–          Une histoire intéressante, passionnante, envoutante, émouvante voire éprouvante.

–          Des personnages charismatiques (type Barney dans « How I met your mother »), atypiques, attachants et sincères dans leur jeu d’acteur.

THEBROCODE

–          Un ou plusieurs méchants /ennemis du personnage principal (Dexter).

–          Un personnage central de signe astral gémeaux : compliqué, aux multiples facettes, surprenant, imprévisible et à la morale flexible (Mad Men).

–          Des jolies filles et de beaux garçons (même dans « Ugly Betty », les seconds rôles étaient triés sur le volet)

–          Et pour terminer : un budget marketing colossal pour inonder les médias et créer le buzz autour de la série-évènement !

A nouveau ici, je vais tenter de retranscrire les recherches de remèdes et leurs aboutissements. D’un coté, nous trouvons les radicaux représentés par le fantasque Jean-Luc Lémenchon, qui prônent l’arrêt définitif de ce qu’ils qualifient de télé « MacWorld » en décrétant un embargo implacable sur les séries américaines au profit d’Hélène et les garçons ou de Navarro. A l’extrême opposé, nous entendons les propos d’une certaine Marine Pe Len, qui soumet l’idée originale, mais pour le moins saugrenue, d’obtenir un baril de pétrole gratuit de la part du pays importateur de la série pour chaque téléspectateur d’une adaptation en Version Française (VF) ce qui compenserait je cite : « l’abrutissement causé par le ramassis de poncifs éculés en provenance d’outre-Atlantique ».
Enfin, au centre, se distingue par son manque de prise de parti, le Medom, dirigé par le moyennement célèbre François Raybou, qui propose de n’accepter que la moitié des séries et d’offrir seulement un demi-baril de pétrole par amateur.

Il faut prendre très au sérieux cet avertissement car selon un sondage Aegis Media France, 89% des 7-12 ans surfent sur Internet chaque semaine. Notre addiction aux nouvelles technologies se construit donc dès notre plus jeune âge.

A vous maintenant, que vous soyez X ou Y, de prendre la décision d’être un soumis heureux ou un rebelle malheureux.

Dan HAYOUN


Nicolas

« Nicolas Le Pen », voici le titre d’un éditorial paru le 14 mars 2012 dans le Wall Street journal. Ce journal spécialisé dans la finance appartenant à l’ultra-conservateur Australien Rupert Murdoch le magnat des médias (donc résolument pas à gauche), s’inquiète de la tournure de la campagne présidentielle française, notamment des propositions du Président candidat Nicolas Sarkozy.

Ce qui inquiète le Wall Street Journal est la proposition du Président candidat de sortir de façon unilatérale des accords de Schengen, si les négociations (déjà entamées) sur cette convention ne vont pas dans l’intérêt de la France.

Certes, cette convention vieille de plus de 10 ans qui permet notamment la libre circulation des biens, personnes et services dans les pays membres de l’UE doit être renégociée, repensée. Nous en avons vu les limites lors du Printemps Arabe, quand le gouvernement de Silvio Berlusconi prit de vitesse par l’afflux de migrants tunisiens sur ses côtes, décida (sans se concerter avec ses voisins européens) de leur délivrer des titres de séjour provisoires afin qu’ils puissent rejoindre plus facilement des pays comme la France ou l’Angleterre et quitter, par la même occasion, le territoire Italien. Mais le fait qu’un Président en exercice, même candidat, évoque la possibilité que la deuxième puissance économique d’Europe puisse se désengager d’un des accords qui font l’Union européenne fait désordre à un moment où l’Union européenne n’a jamais eu autant besoin de solidarité. Donner la responsabilité à l’Union européenne des maux de la France est bien trop facile.

N’est-ce pas ce même candidat qui nous disait très récemment que la France a besoin de l’Union européenne, que sans l’Union européenne il n’y aurait pas de croissance, que seule l’Union européenne pouvait nous protéger de la concurrence économique des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et que l’Angleterre en faisant cavalier seul joué avec l’avenir de tous les Européens ?

Durant des mois Monsieur Sarkozy et Madame Merkel, n’ont eu cesse de rappeler leur désir d’une plus grande convergence des politiques économiques, fiscales et sociales des différents pays membres de l’UE justement.

Que pense Madame Merkel de la proposition de son « meilleur » allié européen ? Interrogée sur ce point par des députés de sa majoritée elle a répondu que cette proposition était « une thèse de campagne », en clair que cela ne sera jamais appliquée.

Le désir de Monsieur SARKOZY avec cette proposition est de reproduire la stratégie qui lui avait permis en 2007 d’accéder à la présidence de la République française en captant les voix des électeurs qui votent traditionnellement pour l’extrême droite. Puisque pour l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy monsieur Buisson (ancien rédacteur en chef de Minute, un quotidien d’extrême droite), cela représente une excellente nouvelle, puisque ce titre du Wall Street journal envoie un message clair aux électeurs du Front National : « Pourquoi voter pour Marine LE PEN ? Vous avez déjà un candidat au pouvoir, qui a plus de chance d’être réélu président, et surtout qui défend vos idées ».

L’extrême « droitisation » de notre Président – Candidat inquiète également un autre célèbre quotidien financier, cette fois-ci d’outre-manche, le très libéral Financial times. Ce quotidien regrette que Nicolas Sarkozy reprenne les arguments de l’extrême droite stigmatisant les immigrés, leur reprochant de creuser le déficit de l’Etat et de tirer les salaires vers le bas. Déjà en 2007, Nicolas Sarkozy avait fait de l’immigration un axe de campagne durant l’élection présidentielle.

Les objectifs : « Lutter sans merci contre les clandestins, et limiter les regroupements familiaux pour privilégier le recrutement de migrants qualifiés ».

A côté de cette fermeté, le candidat prônait de mieux intégrer les populations immigrées.

Cinq ans plus tard, la répression et la stigmatisation l’ont emporté sur l’intégration, la multiplication des lois a permis d’expulser plus facilement et plus massivement les sans-papiers et de limiter l’immigration économique, de travail.

Le quotidien anglais rappelle que la France, tout comme les autres pays de l’OCDE, aura besoin dans les prochaines années d’un flux important d’immigration pour répondre à la demande sur le  marché du travail et de souligner que l’impact des migrants sur le taux de l’emploi est relativement faible en France. En 2010, Gregory Verdugov et Javier Ortega estimaient, que la hausse de 10 % de l’immigration en France de 1962 à 1999 avait augmenté les revenus des Français de 3 %, en permettant aux Français de grimper dans l’échelle des professions.

La « Droite Populaire », courant politique au sein de l’UMP qui a pour principale motivation de reprendre certaines idées du Front National, nous explique à travers la voix de son « VRP de luxe » monsieur Claude GUEANT (ministre de l’intérieur), que l’immigration pèse sur les comptes publics de l’Etat. Est-ce vrai ?

Une équipe de l’Université de Lille travaillant pour le chercheur Xavier Chonjicki, réalisé en 2009 une étude pour le compte du ministère des Affaires sociales sur les coûts et bénéfices de l’immigration pour l’économie nationale. En travaillant sur des chiffres officiels, attestés par l’Etat, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort que les immigrés sont des contributeurs nets : ils reçoivent annuellement de l’Etat 48 milliards d’euros de prestations, mais par ailleurs versent 60 milliards de cotisations et impôts. Car s’ils bénéficient de transferts importants pendant leurs jeunes années (aides sociales et familiales, chômage…), ils sont sous-représentés parmi les retraités, contrairement aux idées reçues ils se font moins soigner et ont une espérance de vie moindre : ils « profitent » donc moins des prestations santé et retraite, qui représentent 80% des dépenses sociales.

Certes, la France n’a pas la vocation « d’accueillir toute la misère du monde », mais les citoyens français méritent un débat présidentiel de qualité ainsi que de meilleures propositions électorales, ce ne sont pas une loi sur l’immigration, ni sur la viande Halal, ni une super-taxe sur les plus riches qui permettront à la France de renouer avec une croissance durable. La France a été pionnière dans la construction européenne, qu’elle le soit également dans l’élaboration d’un pacte de compétitivité Européen. Seule l’Europe permettra à la France, l’Espagne, la Grèce, l’Italie… de sortir de la crise économique et financière que nous traversons actuellement. La politique du repli sur soi a toujours eu de grandes conséquences sur le continent européen et a entraîné le monde dans deux guerres mondiales.

Le 21 avril 2012, allez voter et faites le bon choix !!

Mfumu KANZA