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Diplômé !

Publié: 19/12/2012 par Simon dans Billets

Aujourd’hui diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence et du Groupe IGS  dans le cadre du programme EHED, je souhaite ici remercier les personnes m’ayant aidé durant ces deux années.

Le corps enseignant tout d’abord, mais aussi l’équipe pédagogique de ces deux institutions.

Je tiens à remercier autant qu’à encourager mes camarades dans la voie de la réussite, leurs critiques souvent constructives ont été une remise en cause perpétuelle de mes préjugés.

Je remercie ma famille aussi, qui m’a toujours soutenu, donné le goût de la lecture comme la curiosité des études.

Ma volonté est de réaffirmer la joie qu’est la mienne de savourer les fruits d’un long travail fourni.

Travailler et  étudier dans une des plus vieilles nations du monde est une chance de tout les instants, la gâcher friserait la faute de goût.

Je renouvelle à ce titre pour les futures promotions, mes encouragements, le respect ne se quémande pas, il se conquiert, et c’est le travail et l’effort qui fondent un  respect humble et sincère.

Le savoir confine à la sagesse et le sentiment d’avoir apprît des choses  est une prise de confiance non négligeable dans un contexte économique peu porteur.

A ce titre j’espère qu’ils n’oublieront pas que les clefs du succès se trouvent partout,  même au bout du rouleau.

 

 

Conférence : Comment s’engager socialement ?

Publié: 18/11/2012 par Simon dans Billets

 

 

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51 ans. Voilà 51 ans jour pour jour, soit  le 17 octobre 1961, que le pouvoir français montrait sa réaction aux insurgés algériens par une violente et mortifère répression.

France  – Algérie. Ce pourrait être le titre d’un match de football. Mais c’est aussi l’histoire de deux nations, liées par l’histoire, déchirées par la guerre et l’histoire coloniale..

Deux pays vivant leur relation dans un mélange de rancœur et d’attirance. Ce « je t’aime moi non plus », incarné par la complexité diplomatique franco-algérienne, tant le sang versé hante les esprits.

A ces raideurs du passé, il est nécessaire de répondre par un travail historique. Ouvrir les archives, informer, donner les clés de compréhension…  Mais surtout sortir des héros de ces heures sombres de l’histoire de France à nos tètes blondes.

Mais comment évoquer cette histoire, par quel sens, comment parler de ces événements ?

Qui mettre en avant ?

Et pourquoi pas Abd el Kader ?  Connaissant les deux pays,  personnage complexe, militaire et  poète, résistant honnête pour les Algériens,  ami et indigène cultivé pour les Français.

Comment enseigner la colonisation ? L’enseignement par souci d’efficacité, arbore souvent une vision manichéenne de l’histoire, celle du bien et du mal, du dominant et du dominé. Or comme chacun sait, la réalité historique, toujours complexe, fait que tout n’est jamais ni tout blanc, ni tout noir, mais fait d’une infinité de Gris.

L’Histoire suscite parfois des réactions passionnelles: c’est la cas de la guerre d’Algérie, De part et d’autre de la Méditerranée, le divorce fera place à la douleur : le massacre de Harkis, les exactions de l’OAS,  l’expropriation de familles entières… Une douleur  qu’exprimera Albert Camus dans son  « j’ai mal à l’Algérie, en ce moment, comme d’autres ont mal aux poumons« 

Une période historique à questionner donc, un contexte de guerre à responsabiliser. Qui dénoncer ? le corps politique ? militaire ?  Comment juger les exécutants comme Papon ou Aussaresses ? Krim Belkacem et Jean-Marie Le Pen se considéraient, dit-on, comme adversaires de guerre mais comme respectueux ennemis sur le terrain civil.

Ces questionnements scinderont l’opinion publique, la question de la colonisation sera d’ailleurs dénoncée par l’intelligentsia parisienne comme par la communauté internationale ( Sartre – ONU )… Mais surtout, par le petit peuple algérien, une  oppression vue comme une entrave à la liberté, dont les Algériens ont souffert. Cette souffrance qu’a longtemps chanté la musique Chaabi.

Ainsi, les considérations humanistes grandissantes imposeront progressivement la décolonisation. Dès lors, la France perdra progressivement un pied stratégique en Afrique, et l’Algérie libre accèdera à sa réelle autodétermination.

Depuis, 50 ans sont passés, et tout Algérien honnête relèvera un constat amer de son pays,  L’Algérie semble en effet se relever difficilement de cette période,  si l’on en prend sa naissance post coloniale: l’économie Algérienne reste largement constituée de ses ressources d’hydrocarbures et peine à dynamiser une économie « complète ».

Ces échecs économiques se lient aux maladresses diplomatiques des deux pays. Notamment au niveau culturel une relation ambigüe est restée: la francophonie d’une partie de la population, les douleurs du passé, et du « régime boutéflikien ».D’autant que les deux pays évoluent dans des systèmes religieux différents, Islam pour l’un, laïcité pour l’autre .

Si les Catholiques Français avait cru pouvoir évangéliser l’Algérie en échange du rapprochement de l’Eglise et de la République par le fameux « toast d’Alger », c’est aujourd’hui la France qui accueille une présence musulmane non négligeable sur son territoire. Une politique migratoire  qui a amené des familles d’ouvriers en France, remplis de souvenirs de guerre.

Les générations nouvelles ne se gênant d’ailleurs pas pour poser la question de la reconnaissance et du pardon face à ces douleurs de guerre.

De ces faits, faudra-t-il que la France, 50 ans après, s’excuse ?

C’est à François Hollande d’en décider,  de faire ce travail,  lors d’un discours fort et puissant, en se posant en orateur qu’il n’est pas, et  de couper ainsi au pouvoir Algérien le soin d’exploiter le ressentiment anti-français pour cacher les échecs économiques et diplomatiques de l’Algérie .

A notre président donc, de prendre les choses sérieusement en main, au lieu d’envoyer la bogdanovienne Benguigui, quasi insulte à la beauté des femmes algériennes, parler à Alger de Francophonie.

Que se passe-t-il aujourd’hui ? Pourquoi l’Algérie ne s’est elle pas révoltée ? Pays où pourtant, la tradition révolutionnaire est forte, et ou tout une jeunesse pourrait ressentir un Désir de liberté et de conscience pour accéder à notre chère social démocratie de consommation.

Tout d’abord, les Algériens ont moins foulé le pavé, ils ont souffert, de guerres et de violences. Les mauvaises langues diront que de toutes façons le pouvoir ne laisse pas les manifestants se réunir sur la place d’Alger, ou que les revenus pétrolifères font taire les protestations.

Mais le poids du sang est sans doute la principale raison à ce mutisme révolutionnaire. L’opposition au pouvoir a laissé de nombreuses traces, le sang a coulé,  une guerre coloniale, presque  10 ans de guerre civile dans les années 90, entre politiciens de la foi et le pouvoir.

En 2001 aussi,  le soulèvement  des kabyles,  les Arrchs, sera  réprimé durement.  Un Printemps noir  durant lequel pas moins 130 militants  disparaitront ou décéderont du fait de leurs revendications.

Car si la France, en bonne fille, doit assumer ses responsabilités,   L’Algérie devrait peut être aujourd’hui cesser de regarder ses blessures, coloniales et autres, et assumer de nouveaux défis en créant une véritable alternative politique au vieillissant  Bouteflika qui ne se gênera pas pour préparer dignement sa succession.

La question identitaire aussi, omniprésente en Algérie, pays composite fait de  Kabyles, de  Chaouis, mais aussi de Juifs… autant de communautés encore peu enclines à entretenir de cordiales relations vers l’extérieur,  même avec les voisins Tunisiens et Marocains.

La France aussi, ou la diaspora algérienne se retrouve dans une situation complexe, fondée par l’ambigüité d’être déraciné,  prise entre deux pays,  mais aussi une certaine difficulté car prise dans le filet des nombreux clichés (Bollossage, femmes de ménage, marseillaises sifflées et survêtement Lacoste).

Une ouverture au monde nécessaire donc, vectrice de paix qui apporterait un souffle nouveau à l’Algérie dans ses relations diplomatiques.

Pour autant, un renversement de régime brutal serait il pertinent ?

Rien de moins sur,  une Algérie  affaiblie en proie à des révolutions, et la figure du conseil de transition, ferait l’aubaine des investisseurs de pays étrangers pour exploiter les ressources algériennes, et profiterait à un dangereux chaos social.  La Lybie en fait malheureusement les frais aujourd’hui.

Vue comme l’un des dernier pays indépendant face à la logique de blocs, de part  son indépendance pétrolifère, l’Algérie pourrait subir les foudres des manipulations d’autres états. Les Etats-Unis, experts en la matière, ont d’ailleurs récemment été désavoués par leur propre General Wesley Clark.

Face à la domination, et la manipulation des uns, choisissons la réconciliation des autres.  En Algérie et  en France.


« La corrida, ni un art, ni une culture ; mais la torture d’une victime désignée » disait Émile Zola.
Pourtant cet été encore, la corrida a attiré de nombreux aficionados,
Mais que viennent donc chercher ces passionnés dans les arènes du sud de la France ?

Déjà Hemingway, les peintres Goya et Manet s’étaient passionnés de ce spectacle Tauromachique qu’on appelle «  Corrida »

« La corrida » Manet

Gravure de Goya

Ce spectacle suscite en effet  une certaine controverse selon les personnes, certains y voit l’expression d’une tradition, d’autres y voit un spectacle cruel ou une pratique inhumaine

Il est pourtant intéressant de voir la corrida au contraire comme une pratique profondément à l’image de l’homme, et c’est d’ailleurs en ce sens qu’elle est bouleversante, la corrida peut être vue sous certains aspects comme une métaphore de la vie. Elle est faite de sacre et de chute, de combat et de renoncements par le travail.

La corrida est cruelle, sans doute, mais l’Homme ne l’est il pas?   La corrida est une figure extrapolée de la vie, faite de douleurs et de joie, de triomphes et d’échec.

Mais si la corrida est intellectuellement passionnante c’est bien parce qu’elle reprend  de nombreuses oppositions traditionnelles de la philosophie. Un rapprochement entre le monde des idées et la tauromachie évident qui pousse certains aficionados  à se rendre aux Arènes un livre à la main.

La corrida est tout d’abord le règne du paradoxe,  ce paradoxe réside dans le fait qu’elle consiste  à donner la mort en acceptant de s’y exposer soi-même, ce qui est au fond une attitude purement déroutante:comment un homme peut il désirer approcher la mort de cette façon ?

Une autre idée réside dans l’opposition nature – culture qu’évoque la corrida, la culture étant vu comme la tâche de l’homme dans son insoumission à une nature brute, la mise en avant de son  libre arbitre à dresser et dominer son environnement  se ressent aisément sur le sable des arènes.

La corrida exprime donc clairement la liberté de l’homme à dominer la nature, une nature prédatrice, un rapport entre l’homme et la nature fait de rapports complexes entre un désir de domination et un certain respect de cette nature.

La corrida s’articule clairement sur cette ambivalence, puisqu’ elle  est dominée par deux notions importantes, l’éthique et  l’esthétique.

L’esthétique pour la beauté du geste, le taureau et le torero représentant les objets de cet « art » mais aussi l’éthique, puisque la corrida est évidement le théâtre d’un nombre incalculable de règles, de modes de fonctionnement comportementaux et de consignes à respecter, notamment dans les coups portés au taureau qui doivent être ritualisés, sous peine de subir la bronca.

Mais une chose frappe directement quand on observe la corrida,  elle représente un certain triomphe du génie humain, de la raison sur l’animalité. La corrida est ainsi le royaume de l’intelligence, de la technique  face à la  puissance.

Qu’observe-t-on dans une arène ? Au fond,  Un petit homme habillé en  clown affrontant une bête hostile de  500 Kg au seul moyen d’une épée.

La corrida est donc le royaume du combat, combat durant lequel la ruse et la technique, dominent intégralement la force.
Si la corrida est le triomphe de la raison humaine sur l’animalité, il semble que la nature reprenne parfois ses droits :

C’est le cas du 7 octobre 2011 lorsque Juan José Padilla, rate sa 4 éme pose de banderille « al violin » ( sa spécialité) et subit une terrible « cornada » au visage,

La cornada de Padilla en vidéo  ci dessous, ( attention  vidéo violente , âmes sensible s’abstenir )

Le torero y laissera un œil mais pas sa fierté,  il décidera alors de ne pas renoncer à sa passion, il déclarera après son accident :

« Je ne veux pas que les fans me plaignent. Je ne veux pas inspirer de la pitié aux gens. Je me battrai à nouveau habillé en torero, parce que c’est mon rêve. »
Comme une victoire sur la vie, sur son handicap, Padilla affrontera d’autres taureaux dans son habit de lumière.

La encore la corrida évoque de nombreuses choses,  toute la mythologie de l’icône, dans l’arène comme Spartacus, le torero est  l’idole, le héros des aficionados.

Une autre question soulevée par la corrida est celle de savoir pourquoi des hommes éprouvent ce besoin, cet appétit du risque ? Que  pousse ces Toreros à toucher du doigt la mort ?  Que pousse donc Pablo Hermozo de Mendoza  a toucher  du bout du doigt le taureau lors de « ses corridas de rejon ». 

En effet, la corrida pose donc de nombreuses questions sur la vie. Comment articuler notre rapport entre l’émotion et la raison ? Si l’agora ou le forum doivent être le lieu privilégié du débat,  la corrida est une peinture incroyable de ces questions humaines.

L’émotion pousserait peut être à la voir  comme une tuerie, la philosophie voudrait pourtant que l’on se place plutôt à étudier  un fait du coté de la raison plutôt que de la passion.

Malgré tout, la prise en compte de la notion éthique pousse certaines associations à prendre en considération la souffrance de l’animal, c’est le cas de « sauvonsunteaureaudecorrida » dont l’icône « fadjen »,  le taureau miraculé tapisse les affiches des stands tel un canapé IKEA :

Un certain mérite néanmoins à ces associations qui luttent contre cet objet culturel et œuvrent à défendre leur vision du monde,  si tant est qu’ elles ne tombent pas dans le piège d’un utilitarisme primaire sur la souffrance animale.

Leur seule présence prouve bien à quel point la corrida questionne le rapport de l’homme à sa propre violence et  au règne animal.

Au fond,  la corrida choque de nombreux esprits peut être autant qu’elle en passionne,  L’impression intéressante qui peut en ressortir est cette ritualisation très intéressante de la violence,  la ou partout elle éclate dans le désordre et la laideur et dans une pure abstraction du sens. ( Amiens, Syrie, Grèce … )

Un courage des toreros qui force le respect, si la corrida est violente, Elle représente au fond certaines valeurs saines de sacrifice, d’engagement par le combat. De renoncement par le   travail.   Le travail ( La faena ici ) justement, car être torero est l’apprentissage d’une vie, un choix sacrificiel, celui d’affronter la mort.    (On dénombre dans l’histoire de la corrida 57 décès de matadors , de 184 novilleros, 73 picadors, 3 puntilleros et 8 rejoneadores.)

Au fond , La progressive non acceptation de la corrida est une histoire d’époque, Si la corrida est victime de critique virulente, c’est que nous vivons intégralement dans une société ou la chaine de consommation animale est cachée dans les abattoirs industriels, qui tend à faire oublier à la conscience collective, que pour manger de la viande, un animal doit mourir, et donc souffrir .   Si la corrida blesse et choque, ce n’est pas que nous n’aimons  pas la souffrance animale, mais simplement que ne nous voulions plus la voir et l’accepter. *

A l’heure où les debats ethiques passionnent les foules, et les colloques, y survivra-t-elle? C’est une question sur laquelle devra se prononcer le conseil constitutionnel à la mi septembre 2012, en  cas d’inconstitutionnalité de la pratique tauromachique, l’abolition totale pourrait intervenir dès l’année suivante.


*On ne ressort d’ailleurs jamais indemne de sa première corrida. Et jamais vraiment sobre,
Pour les aficionados adeptes de bières et de corridas.  Nous rappelons qu’il est vivement conseillé de rentrer en plaquage poubelle, moyen sur et écologique de retrouver son logis.


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Source : Iturria blog Sud Ouest 


EHED Events,

Association d’étudiants en double cursus à Sciences Po Aix et au Groupe IGS organise, à Paris,  un débat public sur les enjeux de l’élection présidentielle.

L’événement aura lieu le Mercredi 7 mars à partir de 17h30 au 1 rue Jacques Bingen 75017 Paris (locaux du Groupe IGS.)

Seront présents :

PS : Mohammed Hanine
UMP: Mickael Camilleri
Front de Gauche: Maëlle Dubois
Front national : Mickael Ehrminger
EELV: Wandrille Jumeaux
Modem: François Xavier Pernicaud

Débat animé par Bertran Farenc, Consultant – http://www.rencfa.com.17h30 – 19h – Débat public autour des grands partis représentés à la présidentielle.
19h- 20h – Séance de questions .
20h – Cocktail .Renseignements et réservation :

0156796962 simon.berliere@gmail.com

Inscription sur facebook ici .

Nous vous prions de croire en l’assurance de nos salutations distinguées.

             L’équipe EHED Events .


« Il ne peut y avoir de totalité de la communication,  Or la communication serait la vérité si elle était totale. »

 Cette citation de  Paul Ricoeur exprime bien ce rapport complexe entre la communication et l’exigence de vérité prônée par les sociétés.

La communication a pris une ampleur certaine dans l’ensemble des démocraties modernes,  les stratégies de communication ont ainsi intégré progressivement le monde de l’entreprise, les médias et enfin le pouvoir politique. Ce dernier a d’ailleurs entrepris une forte modernisation de ses stratégies de communication, si bien qu’aujourd’hui, tous les partis politiques mettent en œuvre d’importants budgets en la matière.

Malgré tout les bons sentiments que l’on peut donner a tout et un chacun, le champ politique est, par essence, fait de  paraitre et de  rhétorique, sous discipline donc,   tant les sciences dures et la philosophie sont fondés sur la notion de vérité et de raison.  Une critique des hommes doués pour discourir pas si neuve: déjà dans la Grèce antique,  les sophistes étaient critiqués par Platon. Il voyait en eux des développeurs de raisonnement dont le but est uniquement l’efficacité persuasive et non la vérité.

Cette stratégie communicative, repose donc sur la prise en considération et l’influence des sentiments des foules, de l’audimat, des statistiques et des effets de modes.  Cette stratégie passe ainsi par la prise en compte des valeurs de notre société: en ce sens, un parti jugé dépassé serait immédiatement évincé du processus décisionnel.

Pour être en adéquation avec son époque,  chaque personnalité politisée doit suivre les changements de la société, elle doit  «  vivre avec son temps ».  Notre société, bourrée de différences, en termes de sexe, d’âge, de couleurs de peau, d’idéologies,  de sexualités et de religions s’est en quelque sorte complexifiée. La communication aussi, le décideur doit aujourd’hui «  rassembler » et représenter chaque individu souhaitant  se voir représenter dans le miroir des sphères du pouvoir.

Autrefois positionné sur une opposition Patronat – Travailleurs,  le débat Français, depuis la fin des années 80 et la célèbre  « fin de l’histoire » décrite par Fukuyama, a écarté le prisme de la lutte des classes par la pacification des rapports sociaux.

Auparavant tourné vers de forts marqueurs idéologiques, le débat s’est majoritairement transformé en une lutte des différences.  Cause presque légitime, si l’on entend la volonté des personnes à bénéficier du noble principe égalitaire fondant notre république,  et à ne pas se retrouver en situation d’exclusion.

Une stratégie pour lutter,  en adéquation avec son temps, tant le syndicalisme de type ouvrier ne semble pas pouvoir s’immiscer dans  les réalités du monde du travail.

Mais une  stratégie  pas si inutile pour le pouvoir.  Parler des individus selon leurs différences, (couleur de peau, sexualité,) mais jamais en tant qu’individus économiques soumis à des fonctions classiques de salariés et de  consommateurs, peut paraitre être une stratégie du moindre cout. Soit : diviser un groupe d’individus selon ses différences, tout en oubliant les fonctions sociales de ses membres.

Une stratégie qu’a très bien compris notre monde moderne, politiciens,  entreprises, médias,  et pouvoir politique – en tète, prônent la logique de l’apparence par l’icône.

Ces idoles  de la diversité  comme de la parité, cachent la misère sociale, soit globalement :  Harry Roselmack pour  TF1, Laurence Parisot au  Medef et autres chartes pour la diversité…

Une logique d’apparence donc,  modernisant l’image du patronat et du pouvoir politique, pour mieux faire passer l’augmentation du cout de la vie, sujet moins vendeur, ou bien encore la question des salaires non étalonnés sur l’inflation pourtant croissante.

Pas de luttes sociales sérieuses car impossibles, du fait de l’individualisme des acteurs, précarisation accrue des travailleurs par le développement des Cdd et des contrats intérim. Ne pénalisant pas  les catégories sociales aisées pourtant vivement représentées dans les médias et le monde politique, mais en majorité, ouvriers, agriculteurs et personnes des quartiers défavorisés. Crise allant en s’aggravant, que les classes moyennes Françaises seront les premières à subir.

En résumé une logique de promotion des différences dans le processus décisionnel qui consiste à identifier les Français selon leurs origines et leur sexe.  Or,  la logique redistributive sérieuse, Ce  qu’on pourrait appeler naïvement,  « être de Gauche » voudrait plutôt qu’on les juge selon leur statut social,  et promeuvent leur intégration au système décisionnel sans les distinguer selon leur sexe ou leur lieu de résidence.

Cette logique de paupérisation touche en premier lieu les territoires péri et extra urbains ; le monde rural constitué de  paysans que la politique agricole commune ne suffit plus à faire vivre, et les habitants de banlieues que le reflet des médias et la délinquance ne font  qu’enfoncer.

Ainsi, si les nouveaux français de banlieues sont en partie, des « noirs » et des « arabes »,  ( termes impropres et presque vulgaires devant les multiples trajectoires culturelles de chacun), ils sont avant tout un peuple déclassé , sous-équipé en capital social ,  soit comme le disait Marx des  « sous prolétaires ».

Cette population résidant dans les quartiers populaires, autrefois protégée par le syndicalisme ouvrier et la conscience de classe. Aujourd’hui promue ou décriée par l’exaltation des différences.

Ces stratégies de communication battent d’ailleurs leurs plein en ces périodes  pré-électorales.  Les candidats à la  présidentielle,  évoluants dans une ambiance complexe de crise économique aggravée, sont avides de sujets permettant d’occuper l’espace de discussion,  mais jamais ceux  évoquants l’économie sérieuse.

Candidats qui  auront cette fois, beaucoup  de mal a éviter l’épineux  sujet  des solutions permettant la solvabilité des états.  Un enjeu compliqué, et très sérieux, tant  notre système monétaire contemporain semble complexe et structurellement épuisé.

En effet depuis que la quantité d’argent n’est plus garantie par la présence physique des éléments (autrefois  l’or), permettant aujourd’hui à un organisme financier par la logique du célèbre «  ce sont les crédits qui font les dépôts » de créer informatiquement l’argent  de plus de 30 fois  ses réserves réelles en monnaie.

Une fuite en avant de la création monétaire  dont les états ne sont pas insensibles,  en effet, le premier poste de dépenses de l’état est aujourd’hui la charge de la dette, devant l’éducation nationale.   Non pas la dette elle  même qui pourrait représenter  légitimement l’ensemble des dépenses d’investissements réalisées années après années par l’état,  mais bien  l’ensemble des intérêts  versés aux différentes banques et organismes de prêt.

L’emprunt public soumis à  intérêt, annulant de fait la notion de crédit public à des taux très proche de zéro, (solution  pourtant préconisée par le peu révolutionnaire Michel Rocard dans un article du Journal Le Monde ).

Le droit a un état d’avoir le pouvoir régalien de création monétaire. Reforme qui donnerai le moyen concret de ne plus verser les 60 milliards annuels de la poche des contribuables directement dans les profits colossaux des principaux organismes détenteurs de notre dette.

Un enjeu majeur donc, qui ne doit pas se retrouver noyé dans la rhétorique politicienne.

Question sérieuse, que les partis, œuvrant au débat présidentiel auront, espérons le,  l’honnêteté de se saisir.

Simon Berliere


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Dans un esprit plus décalé, voici la vidéo de politiciens bien décidés à en découdre par… le judo !

L’homme réalise ici un Tomoe Nage suivi d’une tentative de Tai Otoshi.

La vidéo ci dessous :

judo, tomoe nage, tai otoshi, gestion de crise, parlement


Bonjour à tous,

Je profite des ces froides journées pour vous présenter le site internet de Controverses, Journal d’opinions de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence. De nombreux articles y sont présentés, vous avez la possibilité en tant qu’étudiants en double cursus à l’IEP, d’y faire suivre vos articles présents dans http://www.chroniquesehed.com.

Je me permets également de vous faire suivre un récent article paru sur ce site traitant de de la vie de l’essayiste et homme d’état, Václav Havel.

Bonne journée à tous !

L’article ici :

http://www.controverses-iepaix.fr/archives/2113

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