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Les Concerts de Midi & Demi

Publié: 22/03/2013 par leaehed dans Billets, Evénements
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Les Concerts de Midi & Demi, organisés par l’École Normale de Musique de Paris Alfred Cortot depuis 1981, se déroulent à la salle Cortot dans le 17ème arrondissement chaque mardi et jeudi à 12h30. Les façades d’apparence plutôt lisses de Paris renferment parfois de superbes secrets qui méritent d’être découverts. En effet, en pénétrant dans la salle Cortot, on hume un léger parfum de vieux bois. A la fois intimiste et impressionnante, la salle, vaste de 400 places est un appel à s’arrêter pour la contempler. On nous apprend qu’elle est classée monument historique et que sa structure, imaginée par l’architecte Auguste Perret, est entièrement composée de bois. Sa forme rappelle la caisse de résonance d’un violon. C’est en partie pour cela, et aussi parce que la salle Cortot bénéficie d’une excellente acoustique, que l’on dit que cette salle « résonne comme un Stradivarius ».

Il est 12h27, dans trois minutes le concert commencera en ce mardi 26 février. Un léger bourdonnement est perceptible parmi les nombreux habitués et curieux réunis en ce lieu unique. Du haut des derniers rangs, on peut remarquer que la salle est bondée. Le murmure des voix s’apaise soudain lorsqu’une ombre de déplace silencieusement sur la scène. D’ordinaire, ce sont les étudiants de haut niveau de l’école qui se produisent sur scène. C’est l’occasion pour eux de s’exercer devant un public et de préparer leurs examens en vue de l’obtention de leur diplôme. Aujourd’hui, l’annonce est faite, le concert reflète d’un caractère particulier puisque se produisent deux anciennes de l’école, de passage à Paris. Il s’agit de deux lauréates du diplôme Supérieur de Concertiste en piano et en musique de chambre, Ekaterina Baranov et Olga Panova, et elles vont nous offrir une heure d’évasion pour un concert à deux pianos. Au programme, des œuvres peu connues, pour les non érudits, de Schumann, Debussy, Atehortua, Ravel et Stravinsky.

Une heure d’envoûtement et de pure magie. La symbiose entre les deux musiciennes est visible : la complicité qui les lie passe par des jeux de regard et d’écoute. L’harmonie des deux pianos qui s’en échappe est particulièrement bouleversante. On comprend à cet instant ce que veut dire « vivre la musique ». Chacune à leur fçon, Ekaterina Baranov et Olga Panova sont transportées par les notes jouées. L’expression du visage, tantôt animée, parfois fermée ou mélancolique se transforme au rythme de la partition. Les concertistes ne restent pas immobiles, elles vivent au rythme de la musique, bougeant sur le siège ou fermant les yeux. Le spectateur aussi se surprend à fermer les yeux quelques instants pour laisser la musique l’envahir. Mais bien vite, les yeux se tournent de nouveau devant ses deux virtuoses du piano. La technique irréprochable impressionne : les mains courent sur le clavier, les deux pianistes jouent à l’unisson comme si un seul piano se présentait devant les spectateurs époustouflés.

Une heure de pure grâce qui semble trop courte, les rappels prolongent cet état de ravissement encore quelques instants.

Léa

salle cortot

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On ne présente plus Jacques PERRIN, brillant acteur, auteur, réalisateur et producteur. Artiste aux multiples facettes, on se souvient de lui dans Les Demoiselles de Rochefort ou Peau-d’Ane. Ses réalisations comme Le Peuple migrateur, Les Choristes et Océans ont marqués les esprits. A 71 ans et 66 ans de carrière, Jacques Perrin totalise à son actif près de 127 films et séries tournés. Eric DEROO, quant à lui, est historien et cinéaste, notamment spécialiste de l’histoire de la colonisation. Il a réalisé de nombreux documentaires en rapport avec ce sujet. En 2008, leur coréalisation Empire du Milieu du Sud  sort en salle et signe l’aboutissement d’un long travail qui aura duré plus de dix ans. Retour sur ces années de recherches et de montage qui ont donné un documentaire hors du commun, riche et passionnant.

Empire du Milieu du Sud retrace l’histoire et les souffrances vécues par le peuple vietnamien depuis sa colonisation par les français. Pour les coréalisateurs, la dimension du film s’appuie sur la recherche d’un véritable témoignage émotionnel qui doit montrer également le caractère universel de la guerre. Perrin emploie d’ailleurs une image marquante: « Imaginez une rizière pleine de sang, celui-ci représente les peines et les mémoires qui se confondent, se rencontrent et témoignent. » Ainsi, le message induis du film est de constater que chacun doit se confronter à son destin, et que comme dans toutes les guerres, telle une tragédie antique, l’individu est partagé entre l’attachement à sa terre et l’horreur qui s’y déroule.

Ce sont près de 3000 heures d’archives découpées, provenant des quatre coins du monde, que les coréalisateurs ont visionnés pour s’imprégner du Vietnam et en tirer les meilleures images. Ce travail minutieux s’est parfois accompagné de démarches administratives complexes, ne facilitant pas l’accès aux documents. Ils se sont également retrouvé confrontés à devoir reconstituer tel un puzzle, des ensembles de séquences filmées d’un même sujet et qui avaient été séparé entre les différentes rédactions qui couvraient l’événement.

Eric Deroo souligne l’importance de l’arrivée du numérique qui a considérablement bouleversé le travail de montage. L’avancée de la technologie ouvre le champ des possibles pour la réalisation. Le but étant de rendre harmonieux l’échange entre l’image et les mots, accompagnés d’une musique qui apporte une profondeur supplémentaire au résultat final, le numérique favorise la multiplicité des combinaisons pour atteindre l’effet escompté.

Léa


Organisée par la division des Formations sur mesure et Université d’entreprise de l’IGS

Animée par Olivier Zara, expert en réseaux, médias sociaux, identité numérique et personnal branding.

« L’intelligence collective est-elle au cœur de la compétitivité des entreprises ou un mirage 2.0 ?»

La réunion réunissait entre 40 et 50 participants, après une courte présentation du groupe IGS, du pôle formation continue et des différentes écoles du groupe, à laquelle il a malheureusement manquée un petit mot sur l’Ecole des Hautes Etudes de la Décision, Olivier Zara nous a présenté son plan d’intervention :

                1 – Le management paradoxal

2 – 2 compétences pour manager l’intelligence collective

Une demi-heure était réservée à la fin pour les questions et discussions.

Il existe deux perceptions possibles de l’intelligence collective :

  • La première, présente chez beaucoup de cadres dirigeants, pense à la perte de contrôle, à l’anarchie et au désordre qui pourrait subvenir d’une telle remise en cause des principes de management.
  • La seconde, qui pense aux bénéfices en termes d’innovation, de résolution de problème, de performance collective.

Cette seconde est celle qui sera développée ici et M. Zara s’appuie sur une citation d’un universitaire, Bernard Nadoulek qui dit qu’ « une entreprise dans laquelle il n’y a pas d’ordre est incapable de survivre mais une entreprise sans désordre est incapable d’évoluer. »

                1 – Le management paradoxal

Comment associer les collaborateurs à la prise de décision sans remettre en cause la légitimité managériale ?

  Finalités Culture Compétences Organisation
Logique

Ordre et institution

Stratégie/marque Corporate Traditionnelle Management équipe et projet Pyramide, division stricte des tâches  et processus
Logique

Chaos et individus

Carrière / Marque personnelle Créatifs culturels Management intelligence collective Horloge et espace coopératif

 

Le chaos est ainsi ce qui apporte de l’agilité à une organisation. Ainsi déstructurée, l’organisation devient une « pyramide renversée ».

Ces modèles sont rarement rencontrés purs et le manager d’aujourd’hui doit savoir qu’au sein de toute organisation, les deux cultures subsistent, notamment depuis que les théories des ressources humaines préconisent le développement des modes de management participatif.

Le manager a un rôle d’intermédiaire entre ces différentes cultures d’entreprise et il doit alors savoir basculer de l’ordre au désordre, en organisant des réunions de réflexion collective aux moments pertinents et il doit aussi savoir basculer du désordre à l’ordre en mettant en œuvre les décisions formées par le collectif.

M. Zara pointe alors les insuffisances des différentes solutions (logicielles ou autres) vendues aujourd’hui aux entreprises sous des noms exotiques (Réseaux sociaux d’entreprise, réseaux collaboratifs) puisque ces outils ne sauraient à eux-seuls insuffler une nouvelle vision du management et de la collaboration dans une entreprise.

2 – 2 compétences pour manager l’intelligence collective

Première compétence : savoir détecter les domaines de réflexion, quand il est « seul face à la feuille blanche » où l’apport du collectif serait bénéfique et pour lesquels il doit organiser une réunion.

Ces domaines sont les suivants :

  • Développement de la performance
  • Innovation collaborative
  • Résolution d’un problème complexe
  • Gouvernance et mode de travail

Seconde compétence : maîtriser l’animation de réunions dédiées à la réflexion collective.

Animation classique

Information

→communication descendante, présentations

Coordination

→mode projet, coopératif

Animation spécifique à l’IC

Création

→brainstorming

Réflexion

→sert à rassembler les idées existantes

 

Un outil pour le management de l’intelligence collective : la matrice AXIO

Je vous invite à aller en chercher une représentation sur Internet pour le visuel.

Voici simplement la synthèse littéraire de la structure de l’outil et de son apport.

Cette matrice décompose horizontalement les temps de la collaboration :

1 – Rechercher et partager l’information

2 – Réfléchir

3 – Consulter

4 – Décider

5 – Capitaliser et partager l’information

6 – Agir

Elle décompose ensuite le fonctionnement en individuel, collégial et collectif.

Cette structure permet de représenter le processus de collaboration, réel ou souhaité.

M. Zara rappelle l’importance et de la pertinence de la réflexion collective sur la décision du manager, finalement tenu pour unique responsable.

Il termine son intervention en rappelant la nuance entre compliqué et complexe.

Compliqué

Complexe

Nécessite du temps et de l’expertise Définit ce qui est holistique ou systémique
C’est le « territoire » des experts Recours à l’intelligence collective souhaitable

 

Tudi


Le présent article ne visera en aucun cas à tenter de présenter ou d’expliquer les éléments qui ont
conduits certains de nos contemporains à penser que la fin du monde aura lieu le 21 décembre 2012.

La seule Maya à qui nous aurons affaire ici sera éventuellement l’abeille éponyme quoique nous ne
voyons pas, à ce stade de la conversation, ce qu’elle pourrait apporter d’intéressant.

Ainsi donc nous aimerions savoir ce que vous avez prévu de faire en ce Vendredi 21 Décembre 2012.
Mais avant de lire vos commentaires, nous allons vous suggérer quelques idées pour passer « un bon
dernier jour sur Terre »:

Idée mirifique n°1: Titiller ses papilles gustatives.

Afin d’honorer une dernière fois notre chère culture française, n’hésitons pas à verser dans le cliché
en parlant de sa gastronomie. Plusieurs solutions s’offrent à vous pour constituer un véritable festin
de Babeth. (Film danois inspiré d’une nouvelle de K. Blixen…)

Premièrement, l’option la plus simple : se rendre dans un bon restaurant (« Le Fouquet’s » pourquoi
pas, bien que certains préféreront « La Table des Filles »).
Autre solution, autre ambiance, embaucher un grand chef parisien qui vous concoctera à domicile
un met digne de ce nom. Cette proposition possède l’avantage de préserver une atmosphère cosy et
intime, appréciable à l’heure de sa mort. Ces deux suggestions présentent cependant l’inconvénient
d’être hors de prix mais on s’en fiche : ce n’est pas dans l’au delà que l’on pourra dépenser son
argent.
Autre idée pour les bourses modestes, organiser une soupe populaire géante avec une ONG
quelconque afin de vivre vos derniers moments collectivement. L’émulation entre inconnus peut se
révéler très enrichissante (à titre de comparaison : la coupe du Monde de football 98)

Idée prodigieuse n°2 : Faire chabat

Afin de commémorer le fait que Dieu ait créé le monde en 6 jours et qu’il se soit reposé le 7 ème, les
juifs pratiquants observent ce qu’on appelle le chabat, ne travaillant pas à partir de la tombée de
la nuit le vendredi soir jusqu’à la sortie des étoiles le samedi soir. Originale, cette solution aura le
mérite de vous permettre de recharger vos batteries vidées par une dure année de labeur. Toutefois,
une des lois du chabat interdit d’utiliser l’électricité durant toute la période (assimilable à l’allumage
du feu considéré comme un travail). Il serait donc triste pour cause de respect du chabat de rater la
fin du monde en LIVE sur votre smartphone…

Idée fabuleuse n°3 : (RE) Tomber amoureux.

Enfin, the last but not least : l’Amour. Loin des idées convenues et autres niaiseries (oui, je sais
déjà ce que vous pensez), le sentiment amoureux provoque par nature une profonde jouissance et
correspond dès lors totalement à une situation apocalyptique. En effet, pourquoi ne pas partir à
la recherche de votre grand amour afin de passer les derniers moments de votre vie dans les bras
réconfortants de votre bien-aimé(e)? Si vous êtes célibataire, aucun problème. Sortez dans la rue et
embrassez qui vous voudrez. En période de fin du monde, les interdits tombent et les transgressions
sociales deviennent donc possibles. Entendons nous bien, il ne s’agit pas de renoncer à votre

humanité (s’il est besoin de préciser, toutes formes de violences sexuelles sont proscrites). Un voisin
à qui vous n’avait jamais osé avouer vos sentiments ? Une collègue que vous aimez en secret ?
N’hésitez plus, avouez lui votre amour. Au pire, vous essuierez un refus qui peut certes vous fendre le
cœur. Qu’importe, dans quelques heures, ce dernier cessera de battre et mieux vaut mourir en ayant
des remords que des regrets.

Pour récapituler, nous vous conseillons de rire, de prier, de chanter, de danser, de pleurer, d’aimer,
de jouir, de savourer, de déguster, d’honorer, d’embrasser, d’enlacer, bref de vivre pleinement vos
derniers instants. Pour ne pas citer la chanson que tout le monde connait : « si on devait mourir
demain », voici donc la question que nous posons à nos lecteurs assidus : si vous deviez mourir
demain, que feriez-vous de plus ou de moins ?

Magali Herrou & Dan Hayoun