Archives de février, 2012


EHED Events,

Association d’étudiants en double cursus à Sciences Po Aix et au Groupe IGS organise, à Paris,  un débat public sur les enjeux de l’élection présidentielle.

L’événement aura lieu le Mercredi 7 mars à partir de 17h30 au 1 rue Jacques Bingen 75017 Paris (locaux du Groupe IGS.)

Seront présents :

PS : Mohammed Hanine
UMP: Mickael Camilleri
Front de Gauche: Maëlle Dubois
Front national : Mickael Ehrminger
EELV: Wandrille Jumeaux
Modem: François Xavier Pernicaud

Débat animé par Bertran Farenc, Consultant – http://www.rencfa.com.17h30 – 19h – Débat public autour des grands partis représentés à la présidentielle.
19h- 20h – Séance de questions .
20h – Cocktail .Renseignements et réservation :

0156796962 simon.berliere@gmail.com

Inscription sur facebook ici .

Nous vous prions de croire en l’assurance de nos salutations distinguées.

             L’équipe EHED Events .


Vous trouverez en lien un article très intéressant expliquant les valeurs rattachées à ce que l’on appelle le « sarkozysme ».

L’auteur de cet article, Eddy Fougier qui est politologue, nous livre une analyse de cette droite dite « décomplexée » qui est la résultante d’une forte évolution des partis de droite en France et en Europe depuis les années 80 surtout.

Il s’interroge sur la pérennité de cette forme de droite et sur son avenir.

http://www.telos-eu.com/fr/article/qu-est-ce-que-le-sarkozysme


Normand de 26 ans, Orelsan – de son vrai nom Aurélien Cotentin – s’est d’abord fait connaitre sur Internet avec des titres au ton provocateur.

A la sortie de son premier album en 2009, il lance simultanément sur la toile un titre dénonçant l’infidélité féminine. Taxé de misogyne par Valérie Létard alors secrétaire d’Etat, Orelsan refuse de se laisser enfermer par les polémiques qui l’entourent. Il prend le temps de mûrir et organise son retour dans un style plus aiguisé, plus réfléchi. Il est aujourd’hui la nouvelle coqueluche du rap français.

La dépression et le mal être des jeunes adulescents sont ses thèmes de prédilection. A ce sujet, il confie en 2009 au quotidien Libération: « Moi et plein de gens de mon entourage, nous n’avons aucun but dans la vie. Maintenant avec le recul, je crois que je n’ai même jamais commencé à y réfléchir. On cherche, en fait, du kif assez rapide : on est sur la console de jeux, sur Internet. On comble le manque de désir par des plaisirs immédiats. On cherche à vivre des trucs fantastiques, mais on ne fait que des conneries. C’est pas structuré du tout dans notre tête. »

Sorti en  Septembre 2011, son album Le Chant des Sirènes est un véritable succès: un mois après sa sortie, il devient disque d’or. Ses punchlines et son rap cru ont conquis un large public.

Je propose de vous faire découvrir ici l’un des titres phares de cet album, Suicide social. Confession d’un dépressif fâché contre le monde qui expectore sa haine de la société, ce morceau coup de poing pointe les préjugés que chaque français porte en soi.

En espérant que vous apprécierez le texte de ce poète à la plume tranchante, je vous souhaite un très bon visionnage.


Article tiré de mon intervention à l’Atelier des Savoirs du 15 février 2012, en compagnie du paléoanthropologue Pascal Picq (L’homme est-il un singe politique ?), de l’historienne Sophie Wahnich (La longue patience du peuple : 1792, naissance de la République) et le journaliste du Point Romain Gubert (L’oligarchie des incapables). Animation : Jean Lebrun (France Culture).

Le contexte du XVIIIe siècle :

Sous Richelieu, la censure se renforce : l’irrévérence et le blasphème sont mis sous cloche. Des professeurs de la Sorbonne, recrutés pour remplir la fonction de censeurs au sein de la direction de la Librairie tout juste créée par le Cardinal, veillent à ce que les livres publiés ne remettent pas en cause les institutions, la religion, et n’outragent en rien les bonnes moeurs. Cette censure se perpétue bien sûr sous Louis XIV, même si le Roi-soleil laisse paraître les sarcasmes et l’ironie, visant essentiellement l’esprit de cour, qui transparaissent des oeuvres d’auteurs réputés comme Molière et Boileau. Mais on sait que depuis l’humanisme de la Renaissance fermente une remise en question de la place de l’homme, de son rapport à Dieu, à la nature, de son éducation. L’éveil de la conscience européenne, favorisé par une diffusion des livres toujours plus importante depuis l’invention de l’imprimerie et une alphabétisation grimpante, est présent dans toutes les couches sociales : la censure va être de moins au moins efficace et efficiente. Cet éveil-là est inéluctable, le siècle a une envie de lire ! Louis XV va minimiser l’influence des encyclopédistes et des Lumières : alors que ses collaborateurs évoquent ces gens  «qui pensent», le souverain répond, railleur : «qui pansent les chevaux ?». Mais un autre phénomène va accroître la renommée des penseurs de l’époque. Pour l’expliquer, faisons un parallèle avec la situation actuelle du comique Dieudonné. Si l’on s’en tient uniquement à la forme, il n’est pas contestable de dire que Dieudonné est interdit de spectacle par plusieurs mairies, ce qui constitue une forme de censure, celle-ci se justifiant par une certaine morale que le comique aurait transgressée. Et bien, de la même manière que l’on va interdire ses spectacles, les livres jugés trop virulents vont être brûlés, parfois même sur la place publique, ce qui n’aura qu’un seul effet, comme pour Dieudo : la promotion de leur auteur, et surtout, leur sacralisation.
Ainsi, on a ouï-dire des livres interdits et leur cote augmente. Des imprimeries clandestines se développent et les livres marqués du sceau de la censure circulent en grand nombre. Pour canaliser ce phénomène, le pouvoir n’a pas le choix et Malesherbes, tolérant vis-à-vis des Lumières, accepte des «accords tacites» de publication : l’initiative permet d’avoir un oeil sur la production de plusieurs auteurs. Grâce à ces permissions tacites, le public peut se procurer des livres comme ceux d’Helvétius, d’un athéisme acharné, ou encore La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau, qui narre, s’inspirant de l’histoire de Pierre Abélard, l’amour entre un prêtre et son élève. Le succès est au rendez-vous. Bien sûr, des auteurs tels que Diderot ou Voltaire, tombent toujours sous le coup de la loi et purgent des peines de prison n’excédant pas les trois mois. Pour ce dernier, la remise en cause de l’autorité morale développée dans ses Lettres philosophiques (1733) ne passe pas. Même l’encyclopédie sera par deux fois interdite à la vente, en 1752 et 1759 ! Il n’empêche que la recevabilité des oeuvres va s’élargir, et que ces dernières seront autant de fumier servant à faire fructifier la contestation. Pour les auteurs, le bénéfice est double : leurs oeuvres se vendant, ils peuvent se proclamer guides de l’opinion et agir en son nom. Plus le XVIIIe siècle avance, plus la censure diminue ; dans les années 1770 – 1780, seule l’Église milite encore, et en vain, contre la parution de certaines oeuvres.

1779 – 1792 : les écrits subversifs :

L’époque a assimilé les grandes lignes de ces oeuvres subversives. Sous le manteau se passent alors pamphlets et autres libelles, écrits par des hommes en colère dont on n’a pas retenu en grande majorité les noms. La définition du pamphlet à cette époque diffère de l’acceptation actuelle. Il s’agit en effet d’un texte très court (un feuillet) qui utilise soit l’ironie soit l’outrance… soit les deux ! Il fait dans tous les cas état d’une vive contestation. Je vous propose par exemple un extrait de Toinette et Charlot (1779), un pamphlet qui moque Louis XVI et Marie-Antoinette sous la forme d’un poème, qui aurait aussi été mis en chanson :

[…]
Dans ses lubriques attitudes,
Antoinette aurait bien voulu
N’en pas demeurer aux préludes,
Et que [
Louis XVI ] l’eût mieux foutue;
Mais à cela que peut-on dire?
On sait bien que le pauvre Sire,
Trois ou quatre fois condamné
Par la salubre faculté,
Pour impuissance très complète,
Ne peut satisfaire Antoinette.
De ce malheur bien convaincu,
Attendu que son allumette
N’est pas plus grosse qu’un fétu;
Que toujours molle et toujours croche,
Il n’a de vit que dans la poche;
Qu’au lieu de foutre, il est foutu
Comme feu le prélat d’Antioche.
[…]

Intégralité : http://marie-antoinette.hautetfort.com/archive/2005/10/29/les-amours-et-toinette.html

Le pamphlet étale avec brièveté l’indignation du moment ou se moque d’une institution ou d’une personne, et use d’injures, de mauvaise foi, d’outrances… «c’est finalement le twitter de l’époque», me glissa malicieusement Pascal Picq après mon intervention. Le pamphlet est un texte déclamatoire, quasiment fait pour l’oral, mais qui se veut rassembleur, comme un symbole de sédition. Toute la période précédant la Révolution va être traversée par ses écrits qui vont s’intensifier entre 1789 et 1792, la censure ayant complètement disparu. Lors de ces 3 années, ils vont pulluler dans les journaux, accompagnés de caricatures comme celle-ci :

Caricature roi
L’abbé de Siéyès va signer, à quelques jours de la convocations des États généraux, avec Qu’est-ce que le tiers-État l’idée d’une souveraineté nationale. Il s’agit dans l’ouvrage de contester la place trop infime qu’occupe le Tiers-État dans la décision politique. L’extrait proposé ci-dessous va être repris par de nombreux journaux.
Tiers état Seyès
Et aujourd’hui ?

Il y a quelques années, Marc-Édouard Nabe a renoué avec cette discipline qu’est le pamphlet, dans sa définition originelle. L’auteur a en effet placardé ses tracts dans lesquels ils attaquent, parmi d’autres et sans concessions, Barack Obama, l’entourage du dessinateur Siné et Siné lui-même, ou encore Christine Angot. Les textes sont drôles, outranciers, mais se distinguent aussi par une réelle pertinence. Ils sont à découvrir ici : http://www.alainzannini.com/index.php?option=com_content&view=article&id=453&Itemid=59 .

Pour informations, l’écrivain habite Rue de la Convention, où vient d’être inauguré le nouveau siège de campagne de l’UMP. De quoi donner des idées…

Dimitri VETSEL

« Il ne peut y avoir de totalité de la communication,  Or la communication serait la vérité si elle était totale. »

 Cette citation de  Paul Ricoeur exprime bien ce rapport complexe entre la communication et l’exigence de vérité prônée par les sociétés.

La communication a pris une ampleur certaine dans l’ensemble des démocraties modernes,  les stratégies de communication ont ainsi intégré progressivement le monde de l’entreprise, les médias et enfin le pouvoir politique. Ce dernier a d’ailleurs entrepris une forte modernisation de ses stratégies de communication, si bien qu’aujourd’hui, tous les partis politiques mettent en œuvre d’importants budgets en la matière.

Malgré tout les bons sentiments que l’on peut donner a tout et un chacun, le champ politique est, par essence, fait de  paraitre et de  rhétorique, sous discipline donc,   tant les sciences dures et la philosophie sont fondés sur la notion de vérité et de raison.  Une critique des hommes doués pour discourir pas si neuve: déjà dans la Grèce antique,  les sophistes étaient critiqués par Platon. Il voyait en eux des développeurs de raisonnement dont le but est uniquement l’efficacité persuasive et non la vérité.

Cette stratégie communicative, repose donc sur la prise en considération et l’influence des sentiments des foules, de l’audimat, des statistiques et des effets de modes.  Cette stratégie passe ainsi par la prise en compte des valeurs de notre société: en ce sens, un parti jugé dépassé serait immédiatement évincé du processus décisionnel.

Pour être en adéquation avec son époque,  chaque personnalité politisée doit suivre les changements de la société, elle doit  «  vivre avec son temps ».  Notre société, bourrée de différences, en termes de sexe, d’âge, de couleurs de peau, d’idéologies,  de sexualités et de religions s’est en quelque sorte complexifiée. La communication aussi, le décideur doit aujourd’hui «  rassembler » et représenter chaque individu souhaitant  se voir représenter dans le miroir des sphères du pouvoir.

Autrefois positionné sur une opposition Patronat – Travailleurs,  le débat Français, depuis la fin des années 80 et la célèbre  « fin de l’histoire » décrite par Fukuyama, a écarté le prisme de la lutte des classes par la pacification des rapports sociaux.

Auparavant tourné vers de forts marqueurs idéologiques, le débat s’est majoritairement transformé en une lutte des différences.  Cause presque légitime, si l’on entend la volonté des personnes à bénéficier du noble principe égalitaire fondant notre république,  et à ne pas se retrouver en situation d’exclusion.

Une stratégie pour lutter,  en adéquation avec son temps, tant le syndicalisme de type ouvrier ne semble pas pouvoir s’immiscer dans  les réalités du monde du travail.

Mais une  stratégie  pas si inutile pour le pouvoir.  Parler des individus selon leurs différences, (couleur de peau, sexualité,) mais jamais en tant qu’individus économiques soumis à des fonctions classiques de salariés et de  consommateurs, peut paraitre être une stratégie du moindre cout. Soit : diviser un groupe d’individus selon ses différences, tout en oubliant les fonctions sociales de ses membres.

Une stratégie qu’a très bien compris notre monde moderne, politiciens,  entreprises, médias,  et pouvoir politique – en tète, prônent la logique de l’apparence par l’icône.

Ces idoles  de la diversité  comme de la parité, cachent la misère sociale, soit globalement :  Harry Roselmack pour  TF1, Laurence Parisot au  Medef et autres chartes pour la diversité…

Une logique d’apparence donc,  modernisant l’image du patronat et du pouvoir politique, pour mieux faire passer l’augmentation du cout de la vie, sujet moins vendeur, ou bien encore la question des salaires non étalonnés sur l’inflation pourtant croissante.

Pas de luttes sociales sérieuses car impossibles, du fait de l’individualisme des acteurs, précarisation accrue des travailleurs par le développement des Cdd et des contrats intérim. Ne pénalisant pas  les catégories sociales aisées pourtant vivement représentées dans les médias et le monde politique, mais en majorité, ouvriers, agriculteurs et personnes des quartiers défavorisés. Crise allant en s’aggravant, que les classes moyennes Françaises seront les premières à subir.

En résumé une logique de promotion des différences dans le processus décisionnel qui consiste à identifier les Français selon leurs origines et leur sexe.  Or,  la logique redistributive sérieuse, Ce  qu’on pourrait appeler naïvement,  « être de Gauche » voudrait plutôt qu’on les juge selon leur statut social,  et promeuvent leur intégration au système décisionnel sans les distinguer selon leur sexe ou leur lieu de résidence.

Cette logique de paupérisation touche en premier lieu les territoires péri et extra urbains ; le monde rural constitué de  paysans que la politique agricole commune ne suffit plus à faire vivre, et les habitants de banlieues que le reflet des médias et la délinquance ne font  qu’enfoncer.

Ainsi, si les nouveaux français de banlieues sont en partie, des « noirs » et des « arabes »,  ( termes impropres et presque vulgaires devant les multiples trajectoires culturelles de chacun), ils sont avant tout un peuple déclassé , sous-équipé en capital social ,  soit comme le disait Marx des  « sous prolétaires ».

Cette population résidant dans les quartiers populaires, autrefois protégée par le syndicalisme ouvrier et la conscience de classe. Aujourd’hui promue ou décriée par l’exaltation des différences.

Ces stratégies de communication battent d’ailleurs leurs plein en ces périodes  pré-électorales.  Les candidats à la  présidentielle,  évoluants dans une ambiance complexe de crise économique aggravée, sont avides de sujets permettant d’occuper l’espace de discussion,  mais jamais ceux  évoquants l’économie sérieuse.

Candidats qui  auront cette fois, beaucoup  de mal a éviter l’épineux  sujet  des solutions permettant la solvabilité des états.  Un enjeu compliqué, et très sérieux, tant  notre système monétaire contemporain semble complexe et structurellement épuisé.

En effet depuis que la quantité d’argent n’est plus garantie par la présence physique des éléments (autrefois  l’or), permettant aujourd’hui à un organisme financier par la logique du célèbre «  ce sont les crédits qui font les dépôts » de créer informatiquement l’argent  de plus de 30 fois  ses réserves réelles en monnaie.

Une fuite en avant de la création monétaire  dont les états ne sont pas insensibles,  en effet, le premier poste de dépenses de l’état est aujourd’hui la charge de la dette, devant l’éducation nationale.   Non pas la dette elle  même qui pourrait représenter  légitimement l’ensemble des dépenses d’investissements réalisées années après années par l’état,  mais bien  l’ensemble des intérêts  versés aux différentes banques et organismes de prêt.

L’emprunt public soumis à  intérêt, annulant de fait la notion de crédit public à des taux très proche de zéro, (solution  pourtant préconisée par le peu révolutionnaire Michel Rocard dans un article du Journal Le Monde ).

Le droit a un état d’avoir le pouvoir régalien de création monétaire. Reforme qui donnerai le moyen concret de ne plus verser les 60 milliards annuels de la poche des contribuables directement dans les profits colossaux des principaux organismes détenteurs de notre dette.

Un enjeu majeur donc, qui ne doit pas se retrouver noyé dans la rhétorique politicienne.

Question sérieuse, que les partis, œuvrant au débat présidentiel auront, espérons le,  l’honnêteté de se saisir.

Simon Berliere


Ce soir, dans le metro, l’impression, l’espace d’un instant, que l’amour envahit les couloirs des sous-sols parisiens… Un esprit d’adolescent s’empare de la population suburbaine et me fait vibrer sur un air katyperryien débitant du teenage dream en guise de flèche…

Et tandis que Cupidon brave le froid à Paris, une musique harassante rappelle son refrain entêtant. Celui par exemple d’un autre pari qui se pose aux badauds méditerranéens tentant d’éviter la rupture des couples nés au printemps dernier. Eros lui-même semble avoir délaissé son panthéon grec qui brûle sous le feu des émeutes socioéconomiques et les cavaliers de l’apocalypse civilisationnelle et électorale accélèrent leurs chevauchées alors que continue de sommeiller l’expression du power of love.

YC


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Dans un esprit plus décalé, voici la vidéo de politiciens bien décidés à en découdre par… le judo !

L’homme réalise ici un Tomoe Nage suivi d’une tentative de Tai Otoshi.

La vidéo ci dessous :

judo, tomoe nage, tai otoshi, gestion de crise, parlement


Bonjour à tous,

Je profite des ces froides journées pour vous présenter le site internet de Controverses, Journal d’opinions de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence. De nombreux articles y sont présentés, vous avez la possibilité en tant qu’étudiants en double cursus à l’IEP, d’y faire suivre vos articles présents dans http://www.chroniquesehed.com.

Je me permets également de vous faire suivre un récent article paru sur ce site traitant de de la vie de l’essayiste et homme d’état, Václav Havel.

Bonne journée à tous !

L’article ici :

http://www.controverses-iepaix.fr/archives/2113

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La guerre contre le terrorisme est gagnée. Il y aura certes encore quelques actions ponctuelles qui mettront de temps à autre l’Occident en émoi. Mais rien de vraiment grave. Rien qui puisse désormais déstabiliser durablement le monde. Que pourraient-ils faire d’ailleurs ces terroristes pour mettre la planète à feu et à sang ? Premiers surpris par les résultats spectaculaires du 11 septembre, ils se sont eux-mêmes mis une barre qui semble impossible à dépasser. En effet le terrorisme se nourrit de la terreur et de l’effroi qu’il génère. Après l’effondrement des Twins la surenchère ne pourrait être que nucléaire et on voit mal comment une poignée de fanatique pourraient, n’en déplaise aux romanciers, faire exploser une charge nucléaire au sein d’une grande  métropole.

Il reste bien sûr la guerre en Irak et en Afghanistan. Mais ce sont là des épiphénomènes qui ont peu d’influence sur la marche d’un monde dont l’économie ne s’est jamais aussi bien portée.

Ainsi les Islamistes ont perdu leur pari. L’Algérie elle-même en a fini avec la guerre civile qui la minait et dans la foulée les tentatives de déstabilisation des grands pays musulmans que sont l’Indonésie, l’Egypte et la Turquie ont échoué. Le panarabisme a vécu, l’Islam conquérante s’essouffle… Il est désormais temps que la Méditerranée et  l’Europe, se réinventent une histoire commune et referment à jamais cette cicatrice millénaire faite de peurs, de conflits et de rancoeurs.

Pourtant les sceptiques de tout bord n’en ont pas fini avec les épouvantails. Le monde musulman n’est-il pas en train de se doter de la bombe atomique ? En effet que restera-t-il à nos stratèges en herbe si après la chute du mur, l’échec du terrorisme on leur enlève le danger de la bombe iranienne ?

Il n’est pourtant pas si sûr qu’un Iran de retour sur la scène internationale ne soit pas une chance plus qu’un danger. En effet aussi paradoxal que cela puisse paraître un Iran fort, donc doté de la capacité nucléaire, pourrait bien être un gage de stabilité dansla région. Ainsiles Américains seraient peut-être heureux de lui céder la gestion du bourbier irakien.

Il est de toutes façons peu probable que Téhéran entreprenne d’atomiser Tel Aviv. A l’opposé une nouvelle puissance nucléaire dans la région, obligerait les Israéliens à enfin s’engager dans un véritable processus de résolution du conflit israélo-arabe. Il n’y a en effet que trois solutions pour venir à bout de ce furoncle qui empêche la constitution d’un véritable ensemble économique et politique autour de la Méditerranée.

La première passe par la destruction totale d’Israël. Evénement fort improbable que des décennies de guerres conventionnelles n’ont pas permis et qui dont la réussite serait d’autant plus aléatoire pour les agresseurs, qu’Israël c’est doté d’une capacité de frappe nucléaire depuis au moins 40 ans.

La seconde voudrait que l’on procède à l’extermination de tous les musulmans dela région. Celase passe de tout commentaire…

La troisième et unique solution, celle qui privilégie un accord acceptable par tous les partis, nécessite que les protagonistes puissent arriver à la table des négociations à égalité. C’est ici qu’entre en jeu un Iran devenu puissance nucléaire.

Osons en effet parier qu’une nation qui puise dans des racines millénaires son héritage historique, saura faire bon usage de cette puissance nouvellement acquise. Considérons, qu’au regard de l’Histoire, l’Islamisme des Gardiens de la Révolution, sera à l’Iran ce que le Bolchevisme fut à la Russie ; une adolescence agitée et rebelle.

L’arme atomique a su éviter à l’Europe une troisième guerre mondiale à une époque où les démocraties occidentales n’étaient pas des parangons de vertu. Pourquoi les mêmes causes ne produiraient pas les mêmes effets ? Les dirigeants arabes, turcs ou perses, seraient-ils moins intelligents que les chefs de gouvernements occidentaux des Trente Glorieuses. Qu’auraient-ils à gagner à nucléariser le monde. Il suffirait de toutes manières que d’un unique départ de missile, pour qu’Istanbul, Damas ou Téhéran soient rayés de la carte.

Par contre, et c’est là que le bas blesse, pour nous autres occidentaux, grands exportateurs et pourvoyeurs de préceptes démocratiques, il leur suffirait d’un seul missile pour qu’à l’image du général de Gaulle dans les années 60, ils puissent peser sur les décisions régionales et prendre en main la destinée du Moyen-Orient. Finalement n’est-ce pas cela dont nous aurions peur ? Qu’à l’instar de l’Europe au sortir dela Guerre Froide, naisse enfin une Union Méditerranéenne. Il est plus que temps que nous comprenions enfin que le monde n’est pas un puzzle à dessin unique façonné par quelques uns, mais une mosaïque à géométrie variable. Après tout nous avons bien survécu à l’effondrement de la « pax romana »…

Christophe LAMANDE

EHED-PROPEDIA